Une nouvelle vie pour le Moulin de Ferrières

Une nouvelle vie pour le Moulin de Ferrières
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Après 6 mois d'arrêt, suite au décès du meunier, les machines du Moulin de Ferrières, dans la commune de Héron, tournent à nouveau. A la manœuvre: une association composée de citoyens, de boulangers et d'agriculteurs de la région, créée dans le but de pérenniser l'activité de production de farine artisanale dans cette meunerie sur pierre, l'une des dernières en Wallonie. Un défi rendu possible par la commune qui a racheté le moulin mis en vente par la famille de l'ancien meunier.

Derrière les vieilles pierres de cette grande bâtisse, les machines du moulin de Ferrières, à Lavoir, tournent à nouveau en cadence. Après 6 mois d'inactivité suite à la mort du meunier, elles s'ébrouent enfin grâce à une dizaine de personnes qui ont suivi, durant cinq jours, une initiation à la meunerie et ses outils. "Suite au décès de Pierre, l'ancien meunier, on avait très peu que le moulin disparaisse ou soit transformé en musée ou en appartement. C'est donc un plaisir d'oeuvrer à sa remise en état, raconte Olivier Vanderheyde, participant à l'initiation.

La fin d'une hibernation forcée depuis octobre dernier et la mise en vente du moulin, faute de repreneurs. Alors pour éviter que ce bâtiment d'exception ne passe dans les mains d'un gros entrepreneur immobilier, la commune de Héron le rachète. Puis, très vite, des citoyens et des agriculteurs de la région se mobilisent et créent une asbl, Du Grain au Pain, avec pour projet la relance du moulin. "L'ASBL regroupe des agriculteurs et des boulangers, mais aussi des gens qui venaient moudre leurs grains ici, explique Sylviane Gilmont, co-fondatrice de l'ASBL Du Grain au Pain. "On avait tous besoin de cet outil et on avait aussi un véritable attachement pour lui. On voulait qu’il continue à tourner, alors on a proposé de s'en occuper et on met aujourd'hui toute notre énergie pour le relancer. Ça a été l'occasion de créer une association pour avoir une structure formelle, pour pouvoir ainsi signer une convention avec la commune."

Sauvegarde de la meunerie sur pierre

Mais au-delà de l'attachement affectif, c'est aussi une mission de sauvegarde qui animent ces bénévoles. Ce moulin est l'une des dernières meuneries sur pierre en Wallonie qui permet aux petits producteurs de produire leur farine à façon: chacun amène les grains qu'il possède, peu importe leur quantité. Et il repart avec sa propre farine, tout en ayant pu suivre la chaine de production dans son entièreté.

Un outil rare et précieux, donc, mais désormais menacé de disparition: "Il reste cinq à six meuneries sur pierre en Wallonie, précise Philippe Genet, formateur pour l’École Paysanne Indépendante, du Mouvement d'Action Paysanne, en charge de l'initiation au moulin. "Donc c'est un outil à préserver pour garder cet accès à l'alimentation, car nous sommes de plus en plus dépendants des grosses industries. Et si personne ne continue à entretenir ce moulin, on va perdre un savoir-faire, des techniques de taille de meules et d'appréciation de qualité de farines, qui sont vraiment propres à ce genre de moulin."

Préserver meules, engrenages et tamis ne sera cependant pas suffisant si le moulin ne trouve pas son nouveau maître. L'objectif premier était d'abord de relancer l'outil, il reste maintenant à susciter des vocations. Et cela n'a rien d'évident, car le métier de meunier est éprouvant. Mais la meunerie est à présent entre de bonnes mains. Ses protecteurs espèrent pouvoir sortir à nouveau un sac de farine dans le courant du mois d'août.

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