Une doctorante au Bénin remporte le concours "Ma thèse en 180 secondes" à Liège

Une doctorante au Bénin remporte le concours "Ma thèse en 180 secondes" à Liège
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Une doctorante au Bénin remporte le concours "Ma thèse en 180 secondes" à Liège - © Tous droits réservés

Au total, 180 secondes, soit 3 petites minutes pour expliquer une thèse de doctorat. C'est le défi relevé hier soir par plusieurs étudiants d'universités du monde entier. Certains planchent sur leur thèse depuis plusieurs années.

"Ma Thèse en 180 secondes" en est à sa 4ème édition. La finale s'est déroulée à Liège dans le cadre du bicentenaire de l’université. L'objectif est de mettre à la portée de tous la recherche scientifique, toutes disciplines confondues.

Quel est le point commun entre un pirate, une voiture, un ascenseur ou encore un glaçon? Des choses connues de tous. Mais pour ces doctorants, ce sont les images d'accroche du public aux sujets ardus comme les batteries thermiques du 2ème lauréat, le Canadien Damien Mathis: "Lorsque vous placez un glaçon dans un mojito, il fond parce qu'il reçoit de l'énergie de la part du mojito qui est plus chaud que lui. Le quotidien de ma thèse, c'est de mettre des glaçons dans des verres de mojito. Plus sérieusement, j'aimerais mettre dans les murs des bâtiments, pas des glaçons, mais des composés qui fondent à 20 degrés".

Imagination sans borne, gestuelle, les chercheurs se sont quasi transformés en comédiens pour rendre leur thèse accessible. Alain Vanderplasschen, président du jury: "La recherche, ce ne sont pas que des farfelus qui s'intéressent à des questions qui n'ont aucune application. Bon nombre de thèses ont pour but de résoudre un problème auquel notre société, notre environnement est confronté".

La gagnante, doctorante au Bénin

"Qu'est-ce qui arrive à un homme face à une belle femme qui lui plaît? Il s'excite".

L'image choisie par Marielle Yasmine Agbahoungbata, doctorante au Bénin, pour parler de photo-catalyseur permettant d'éliminer les polluants dans l'eau a fait mouche.

C'est elle la gagnante: "Je suis contente évidemment. C'est une recherche fondamentale parce qu'aujourd'hui, l'ONU estime encore que 80% des eaux polluées du monde sont encore mal traitées. Donc ça demeure un problème".

Le Liégeois Alexis Darras remporte le prix du public

Le Liégeois Alexis Darras, physicien, a quant à lui reçu le prix du public, ex æquo avec une française, pour sa thèse intitulée "évaporation sous champ de gouttes colloïdes superparamagnétiques": "Si vous prenez une goutte de sang d'un individu et que vous la laissez s'évaporer, et bien la structure de la tâche que vous allez obtenir dépend de l'état de santé de cet individu. Le problème à l'heure actuelle est que personne n'est réellement capable de relier les structures que l'on observe avec les composants ou les interactions entre ceux-ci. Quand j'aurai fini mon travail, nous aurons fait un premier pas".

Une thèse applaudie par le public venu en nombre pour soutenir le candidat liégeois: "C'est très chouette d'avoir cette reconnaissance de la part de public" apprécie le Liégeois.

Il faut s'accrocher

Avec cette thèse en 180 secondes, on a l'impression que la science est à la portée de tout le monde, mais cela représente un énorme travail: "Grosso modo, ça fait trois bonnes années que je suis dessus à temps plein et quatre ans que j'ai commencé à explorer le sujet. Il faut y passer plein de temps, ça demande aussi d'explorer plein d'outils , il faut apprendre plein de choses, il faut être curieux, il ne faut pas se décourager face aux difficultés qui peuvent arriver, mais au final, quand on s'accroche, le résultat est là".

Reportage dans le JT 13h de ce 29 septembre:

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