Une dispute en ligne à l'origine du meurtre de Droixhe : témoignage d'un jeune tchétchène

Le meurtre de Droixhe est-il le résultat d'une stupide querelle entre adolescents ? C'est ce qu'explique la communauté tchétchène. Nous avons rencontré un jeune homme de seize ans, d'origine tchétchène. Selon lui, tout a commencé par une dispute en ligne.

"Tout a débuté sur House Party"

Ce jeune homme, nous l'appellerons Elias. Son visage porte des traces de coups. Il a été blessé jeudi dans une bagarre à Droixhe. Selon lui, cette bagarre est l'origine du meurtre de vendredi : "tout a débuté sur un réseau qui s'appelle House Party. On était un groupe d'amis. Mais on n'avait pas mis la pièce en privé, alors d'autres sont venus. A un ami qui était là, ils lui ont demandé s'il était tchétchène, puis ils l'ont insulté parce qu'il est tchétchène.

Après ils nous ont dit de venir, pour nous battre. Mais après on nous a dit que c'étaient des petits et que c'était mieux de parler. On est allés à Droixhe. On était six."  Elias précise dans son PV d'audition qu'il y avait parmi eux "un italien, deux marocains et un géorgien". "On n'a eu le temps de rien dire. On s'est tout de suite fait tabasser. Ils avaient des couteaux, des casques, des armes. On a fui vers une station-service. Ils ont tout cassé dans la station service.

Mon ami a reçu une balle dans le pied. Moi, j'ai été blessé à la joue. Ils m'ont volé tous mes effets personnels. Ma sacoche, mon téléphone, mes papiers d'identité. On n'y allait pas pour se battre, sinon on aurait été plus nombreux. Et non, je n'allais pas là-bas pour acheter de la drogue ou des armes ou pour en vendre."

Le Parquet nous confirme que cette version de l'histoire est aussi celle dont il dispose. La bande a molesté d'autres personnes dans la station-service. L'une est en incapacité de travail pour un mois. Trois agresseurs ont été arrêtés. Dont un mineur qui a été placé en IPPJ. 

Mais que se passe-t-il vendredi ?

Ce qui se passe le lendemain, le vendredi, avant le meurtre, reste très embrouillé, même pour la justice. Il est question d'un rendez-vous pour récupérer la sacoche volée et qui tourne mal. Un homme d'origine tchétchène, Aslanbek D., veut intervenir pour calmer les esprits. C'est lui qui se fait tuer.

D'après le témoignage du jeune Tchétchène que nous avons rencontré à Verviers, le meurtre de vendredi à Droixhe - et la tentative de meurtre sur un autre Tchétchène quelques minutes plus tôt - sont la suite de la bagarre de jeudi. 

Les trois personnes arrêtées après cette bagarre sont d'origine kurde nous confirme le Parquet. L'un des représentants de la communauté kurde nous a fait à ce propos la même réponse que ce week-end : "ce n'est pas parce que trois voyous sont d'origine kurde que toute la bande l'est. Ce sont des malfrats dans lesquels nous ne nous reconnaissons pas."

Ce n'est pas la Kalashnikov qui tue, c'est une arme de poing

La justice est toujours à la recherche du ou des meurtriers d'Aslanbek D. L'arme qui a été utilisée pour le tuer est une arme de poing, pas une Kalashnikov comme cela a été dit dans un premier temps, même s'il y a bien une Kalashnikov qui tire (en l'air) dans cette histoire : les enquêteurs ont retrouvé des balles de calibre 7,62.

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JT du 17/04/2021

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