Une caissière de grande surface à bout de souffle : "On n'en peut plus"

Une caissière de grande surface à bout de souffle : "On n'en peut plus"
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Une caissière de grande surface à bout de souffle : "On n'en peut plus" - © Tous droits réservés

Si beaucoup sont en chômage économique en cette période de confinement, dans les magasins alimentaires, les grandes surfaces notamment, pas question de souffler.

Depuis le vendredi 13 mars et les premières mesures pour faire face à la pandémie de coronavirus, c’est la ruée sur certaines denrées alimentaires. Les gens font des stocks. Le personnel a du mal à suivre, il est épuisé.

En pleurs à sa caisse

Morgane travaille dans un supermarché de la Province de Liège. Comme ailleurs, ce vendredi-là et les jours suivants, c’était la folie : "Ça a été très très dur, très éprouvant, très fatigant. Il y a même un jour, je ne le cache pas, j’ai craqué à la caisse, j’ai pleuré. Quand je vois les gens qui se ruent, qui ne laissent pas pour les autres. Même nous qui travaillons là, nous n’avons même pas pu faire nos courses ces jours-là tellement c’était la folie. Les personnes nous manquent de respect. Ils ne comprennent pas qu’on ferme pour réassortir. Moi, j’ai fait une fois une remarque à un monsieur parce qu’il prenait le papier WC ou la farine, je ne sais plus, dans le chariot d’une dame parce qu’il n’y en avait plus en rayon. Il m’a regardé comme… Enfin voilà !"

De nombreux malades

Dans ce magasin comme dans d’autres, le nombre de personnes sous certificat médical augmente. "Et ça va continuer si ça ne change pas, si on ne nous prend pas mieux en considération que ce soit du côté de la direction du groupe ou des clients. Moi, je suis épuisée. J’ai de plus en plus mal au dos. Je ne sais pas comment on va tenir le coup si ça se poursuit, ajoute Morgane. Pas de primes ou de congés supplémentaires après tout cela non plus", déplore-t-elle.

Le groupe a engagé, a fait appel à des intérimaires pour aider au nettoyage, au rangement aussi. Pour la sécurité du personnel, on a aussi mis des plexiglas aux caisses : "Il a fallu un peu de temps pour avoir des gants puis les plexis, qui sont trop bas, mais on nous en promet des plus hauts. C’est clair que je suis inquiète. J'ai des personnes à risque dans ma famille. J’ai peur pour eux".

La crainte, l’épuisement et pourtant, Morgane comme ses collègues sont conscientes que leur boulot est nécessaire. Elle ne demande qu’une chose : un peu plus de considération, de respect de la clientèle. C'est un minimum.

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Sujet du JT du 18/03/2020 - Pas de panique sur les stocks

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