Un troisième bassin à Coo ou le retour d'une arlésienne

Le troisième bassin pour la centrale hydraulique de Coo, c'est un projet dont on trouve trace dans une question parlementaire de 1992. Il n'a jamais été réalisé, mais il fait son retour, à la faveur du développement des énergies renouvelables, qui sont aussi intermittentes alors que l'électricité doit être produite au moment où elle est consommée.

lisser l'intermittence du renouvelable

C'est là qu'intervient la centrale de Coo. Elle ne produit pas l'électricité, elle la stocke. La nuit, quand il y a trop de courant, l'eau est pompée vers les bassins supérieurs. Et pendant les pics de consommation, l'eau redescend à travers des turbines et re-produit de l'électricité qui est injectée sur le réseau. A l'origine, le système servait à lisser la production nucléaire.

Comme l'explique Philippe Van Troeye, CEO d'Electrabel Benelux, le rôle de Coo est en train de changer : "Il y a de plus en plus d'énergie renouvelable intermittente dans le réseau et ça va continuer d'augmenter. Il faudra donc plus de moyens de flexibilité et la centrale de Coo, pourra être étendue de la capacité d'un bassin supérieur supplémentaire, qui ajouterait une puissance installée de 600 mégawatts." Avec le boom du photovoltaïque et de l'éolien en Belgique, la centrale de Coo sert désormais aussi à lisser les pics et les creux de production du renouvelable, et ce rôle est appelé à se renforcer.  

Un partenariat public-privé ?

Pour creuser un troisième bassin qui augmenterait de moitié la capacité électrique de la centrale de Coo, il faut investir six cents millions d'Euros. Electrabel envisage un partenariat public-privé. Le sujet a été évoqué ce vendredi avec le ministre-président wallon Paul Magnette, en visite à Coo : "Le projet de troisième bassin est évidemment dans les cartons depuis un certain temps, mais il devient de plus en plus d'actualité parce qu'on a des objectifs à atteindre en matière d'énergie renouvelable..."

"De l'argent public wallon dans le troisième bassin, ici à Coo, c'est une possibilité ?"

"C'est une possibilité qu'on peut tout à fait envisager. Je n'ai pas dit qu'on allait dire oui, la Wallonie n'investit que quand on est sûr que les investissements seront rentables à long terme, donc on doit examiner tout cela avec attention."

Six cents millions d'Euros et six années de travaux

Electrabel espère aussi voir modifier en sa faveur les tarifs d'utilisation du réseau et les taxes et surcharges qui grèvent selon elle l'activité de stockage d'électricité en Belgique.

A partir du moment où un permis serait accordé, il faudrait six années pour creuser un troisième bassin à côté des deux premiers. Plusieurs centaines de personnes seraient employées à le réaliser. En attendant, electrabel va faire installer sur le site six éoliennes et dix-sept mille mètres carrés de panneaux photovoltaïques.
 

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