Un repas local à la cantine, est-ce possible?

Un repas local à la cantine, est-ce possible?
Un repas local à la cantine, est-ce possible? - © RTBF (E. Destiné)

Est-il possible, à l'école, de proposer régulièrement des menus avec des aliments fournis par des producteurs locaux?  Des produits de meilleure qualité et apportés directement à l'école par les producteurs, mais des produits souvent plus chers aussi.  Il faut donc trouver le bon équilibre et convaincre les élèves.  Les projets pilotes en tout cas se multiplient.  Un exemple à l'Athénée Royal de Chênée en province de Liège où l'on tente de sensibiliser les élèves à l'origine des produits.

Dans les cuisines de l'Athénée Royal de Chênée, au menu de la cantine scolaire ce jour-là, ce sont des pâtes au froment produites près de Huy, un potage à base de potirons provenant d'une ferme d'Olne et un dessert aux poires de Saint-Trond, un repas 100% local.

Malgré le prix plus élevé, cette école secondaire a décidé de proposer ce menu spécial "producteurs locaux" une fois par an.  Cela fait partie d'un projet pédagogique.  Le but est de permettre aux élèves de s'intéresser aux aliments localement, car pour l'instant, ce n'est pas évident. Dylan, 14 ans a senti la différence: "Le repas était plus bio, comme on pourrait dire".  Pour Thomas, 12 ans, "peu de gens aimeront parce que souvent, les enfants aiment bien tout ce qui est frites ...".  

Florence Vanbergen, 18 ans, étudiante en 6ème année, fait partie du groupe d'étudiants qui porte le projet.  Elle explique: "En général, le projet passe mieux chez les plus jeunes que chez les plus âgés qui restent entre eux et qui n'essayent pas vraiment de s'ouvrir à des projets.  Ils vont à la sandwicherie et ne se posent pas beaucoup de questions sur d'où vient le produit.  Il y a une amélioration mais chez les plus jeunes et l'idée serait de garder cette lancée positive."

Dans cette école, on aimerait proposer un produit local par semaine au menu de manière systématique.  Mais pour cela, il faut que la formule intéresse beaucoup plus d'élèves encore pour que le repas complet, même local, ne coûte pas trop cher.  Pierre Tordoor, chef de la cuisine de l'Athénée Royal de Chênée, explique: "Si j'ai plus d'élèves, j'aurai un meilleur rendement au niveau du prix parce que je prendrai une plus grosse quantité, donc, il y aura moyen de négocier un prix différent."

Pour les producteurs, la cantine scolaire pourrait alors devenir un client régulier.  Ce jour-là, c'est Anne Labeye, productrice de poulets bio de la Ferme de Chevronsart à Trooz, qui a apporté le poulet de ferme.  "J'ai fourni 20 kilos de filet de poulet.  C'est déjà une bonne quantité pour une cantine scolaire.  Je suis très contente", dit-elle.

Il faut dire que pour ce repas, l'école a reçu des subsides.  Le local à la cantine, ce n'est pas encore la norme.  Mais les projets se multiplient.  Il faudra encore un peu de temps pour voir les élèves se régaler tous les jours avec des produits du coin.

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