Liège: un premier chien d'assistance formé pour aider les personnes épileptiques

Gaïa a changé la vie de Lowra grâce à la sécurité qu'elle lui apporte
Gaïa a changé la vie de Lowra grâce à la sécurité qu'elle lui apporte - © RTBF

L'asbl liégeoise Osmose vient de former le premier chien d'assistance spécialement dédié aux personnes souffrant d'épilepsie ou d'une pathologie similaire. C'est Lowra, une jeune habitante de Floreffe, qui a pu en bénéficier. Elle connaît en moyenne une syncope par semaine. Sa chienne Gaïa, un golden retriever, intervient alors immédiatement. Elle est aussi capable de ressentir avec 15 à 60 minutes d'avance l'arrivée d'une syncope.

Elle va appuyer sur l’alarme et me lécher jusqu’à ce que je reprenne connaissance

"Je viens de faire une syncope donc Gaïa va chercher mon téléphone dans mon sac ; elle vient se coucher à côté de moi ; elle appuie sur une alarme que j’ai au poignet et qui envoie une alerte à mon compagnon ; ensuite elle me lèche. Elle va appuyer sur l’alarme et me lécher jusqu’à ce que je reprenne connaissance", explique Lowra De Picker.

Gaïa est aussi capable d'accomplir certaines tâches domestiques : " Par exemple refermer le lave-vaisselle. Pour moi c’est important car me pencher peut provoquer une baisse de tension. Elle peut aussi ouvrir ou fermer les portes, fermer les tiroirs et arrive aussi à me déshabiller". Et au-delà de ces tâches, la chienne est également capable de ressentir avec 15 à 60 minutes d'avance l'arrivée d'une syncope.

Elle m’a clairement redonné une indépendance que j’avais complètement perdue

Pour Lowra, ce chien correspond à un réel besoin qui a changé sa vie : "Les chutes risquent de provoquer des blessures et le chien apporte une sécurité. Les proches savent aussi que je ne suis pas seule et que le chien pourra réagir. Elle m’a clairement redonné une indépendance que j’avais complètement perdue étant donné qu’avant d’avoir Gaïa, je ne pouvais jamais être seule. Maintenant, il y a une sécurité de savoir qu’elle va réagir, qu’elle va prévenir et, dans le futur, je pourrai retourner faire mes courses avec elle. "

Une forte demande

Pour des chiens d'assistance, la demande est réelle. Mais il faut du temps et le manque de moyens est criant pour une asbl comme Osmose. C’est ce que précise Vanessa Wey, co-fondatrice de l'association et éducatrice canine : " Nous avons beaucoup trop de demandes par rapport au nombre de chiens. On a une liste d’attente donc il faut plus ou moins un an et demi pour recevoir son chien à partir du moment où la demande est acceptée. Ça coûte cher aussi -12 000 euros pour former un chien d’assistance, 18 000 euros pour un chien pour personne épileptique-  donc on n’est pas capable de former beaucoup de chiens car les personnes qui les reçoivent ne paient rien".

C’est une éducation très spécifique et très lourde

Former un chien pour personne épileptique prend en effet plus de temps car il est nécessaire d’apprendre à ce chien à agir sans en avoir reçu l’ordre. " C’est la plus grosse difficulté dans notre travail. C’est une éducation très spécifique et très lourde. C’est vraiment le corps qui va montrer, quand il est par terre, que le chien doit réagir ", complète Vanessa Wey.

L’asbl Osmose fonctionne sans subsides et grâce à des dons. Précisons encore que l'écrivain Didier Van Cauwelaert, sensibilisé à cette question et qui a inclus un tel chien d'assistance dans son dernier roman, donnera une conférence sur ce sujet ce 22 juin à 19h à la salle académique de l'Université de Liège.

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