Un livre pour raconter les 200 ans de l'Opéra Royal de Wallonie

Cette année 2020 marque le bicentenaire de l'Opéra Royal de Wallonie. A l'occasion de cet anniversaire, sort ce jeudi 10 décembre, un ouvrage baptisé "200 ans et après". Co-écrit par l'historien Frédéric Marchesani et le collaborateur du journal Le Soir, Serge Martin, ce livre retrace à la fois l'histoire de ce qui fut véritablement le premier théâtre de Liège et pose également un regard sur l'opéra du 21ème siècle.

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© Opéra Royal de Wallonie

L'histoire de l'Opéra Royal de Wallonie commence sous le régime hollandais. Au début du 19ème siècle, grâce à l'intervention de Guillaume 1er des Pays-Bas, la ville de Liège se voit offrir un terrain sur lequel sera construit son premier théâtre. Il sera inauguré le 4 novembre 1820. Frédéric Marchesani. " Son nom, à l'époque, c'est le théâtre de Liège. C'est l'unique théâtre de la ville et on y joue à la fois des opéras, des oeuvres lyriques mais également du théâtre parlé, du vaudeville ou de la tragédie".


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Ce théâtre dispose alors d'une troupe permanente composée d'acteurs et de chanteurs polyvalents. Ceux-ci sont engagés pour la saison annuelle et peuvent figurer à l'affiche de la majorité des spectacles proposés. A la fin du 19ème siècle, alors qu'existe également à Liège le théâtre du Gymnase, situé sur l'actuelle Place Saint-Lambert, le bâtiment de l'ORW, lui, accueillera désormais des spectacles dédiés spécifiquement à l'opéra et l'art lyrique. A l'époque, pas de surtitre. Toutes les oeuvres sont jouées en français. "A partir des années 20 on commence tout doucement à interpréter des opéras en langue originale" explique Frédéric Marchesini " la presse de l'époque relate que, lors du tout premier spectacle chanté en italien, la salle est très clairsemée parce que les gens, ne comprenant pas cette langue, n'ont pas voulu se déplacer. Aujourd'hui, ce serait impensable. On n'irait pas voir un Verdi ou un Puccini chanté en français!" 

Lors de sa construction, le théâtre est la propriété d'une société d'actionnaires souscripteurs qui se soucient avant toute chose, non pas de la ligne artistique et culturelle de l'institution, mais bien d'être remboursés. La tâche du directeur n'est pas simple. "Au 19ème siècle, le directeur de l'Opéra était à la fois un imprésario, un programmateur et un directeur financier. Les directeurs de l'époque abandonnaient souvent en plein milieu de l'année " explique Frédéric Marchesani " aujourd'hui les choses ont changé, le directeur est très entouré notamment par une équipe chargée de la communication mais également par un Conseil d'Administration" conclut-il. C'est en 1854 que la Ville de Liège rachète le bâtiment dont elle est aujourd'hui encore le propriétaire.

Rendre l’opéra accessible au plus grand nombre

Conserver le caractère populaire de l’opéra, le rendre accessible au plus grand nombre, une marque de fabrique en somme de l’Opéra Royal de Wallonie comme l’explique Serge Martin, co-auteur de cet ouvrage: "Dès le départ c’est la politique qui a été définie quand l’institution a été créée en 1967 par Raymond Rossius, le père de l’ORW et elle a été poursuivie par ses successeurs mais en la modernisant petit à petit. Paul Danblon a introduit beaucoup de Mozart, Jean-Louis Grinda a fait connaître d’autres types d’opéras, notamment des opéras allemands. Souvenez-vous du Ring de Wagner ! Stefano Mazzonis quant à lui, a donné une place importante à l’opéra italien d’abord et à l’opéra français ensuite mais il a su aussi mettre en lumière des œuvres rares et méconnues qui ont amené l’événement. Ça c’est une preuve d’ouverture de la part du théâtre liégeois".

Le livre sera disponible à la vente sur le site de l’opéra www.operaliege.be à partir de ce jeudi 10 décembre, ainsi qu’à la billetterie du lundi au vendredi de 12h à 18h.

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