Un Liégeois en prison suite à une erreur d'analyse ADN

UN Liégeois en prison suite à une erreur d'analyse d'ADN
UN Liégeois en prison suite à une erreur d'analyse d'ADN - © RTBF

C'est une histoire improbable, celle d'un Liégeois emprisonné suite à une erreur d'ADN. L'homme a passé cinq jours en cellule pour avoir soi-disant aidé un détenu à s'évader. Preuves génétiques à l'appui. Mais la science n'est pas infaillible.

Il y a un an, Mustapha Iken, incarcéré à la prison de Lantin pour grand banditisme, s'évade.  Une instruction est alors menée.  La semaine dernière, sa cavale prend fin.  Et Ahmed B., une autre personne, censée l'avoir aidé à s'évader, est également mise en détention.  Car selon l'enquête, l'ADN d'Ahmed B., l'un des complices présumés, a été retrouvé sur place sur des vêtements de moto et des mégots de cigarette. Me Philippe Zevenne, l'avocat d'Ahmed B., explique: "Il me dit, d'une part, qu'il n'a jamais fait de moto de sa vie, qu'il ne sait pas changer les vitesses, qu'il ne sait pas circuler.  Il me dit aussi, et ça m'interpelle, qu'il n'a jamais fumé de sa vie.  Il a 30 ans, il n'a jamais fumé et j'imaginais mal effectivement que le jour où il allait soi-disant aider un complice à s'évader de prison, du coup, il lui aurait pris l'envie de fumer une cigarette, ça me paraissait assez incongru".

Son avocat décide alors de rechercher, dans un autre dossier, les résultats d'ADN de son client.  Il constate que ça ne correspond pas du tout. "C'est forcément une erreur humaine parce que je ne pense pas qu'au niveau de l'extraction d'ADN, il puisse y avoir des difficultés.  C'est une méthode scientifique qui est maintenant, je pense, bien connue et bien réalisée.  Maintenant, on doit manipuler des fioles, on doit étiqueter celles-ci, on doit écrire des rapports, parfois une ligne peut être échangée à une autre et on arrive parfois à des erreurs"  explique Me Philippe Zevenne.

C'est une situation exceptionnelle dans ce domaine car l'ADN devrait être une preuve infaillible. "C'est la première fois qu'on a une erreur et ça survient parce qu'on est débordé de travail essentiellement à cause des restrictions budgétaires menées par le Ministre Geens.  Il a, il y a un peu plus d'un an, presque deux ans, coupé les honoraires en matière ADN par deux" explique le professeur Philippe Boxho, directeur de l'Institut médico-légal de l'Ulg.

Après cinq jours de détention sous haute sécurité, Ahmed B. a recouvré la liberté.  Il a surtout évité plusieurs années de prison.

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