Un collectif de profs liégeois plaide pour le retour à l’école à 100% en présentiel... et sans masque obligatoire

Retour à l’école… Retour à l’humain”, c’est le nom du collectif qui veut le retour en présentiel sans conditions des élèves du secondaire.

Depuis le début de l’année dans le 2e et 3e degré, les cours se donnent en alternance entre le domicile et l’établissement scolaire ; par conséquent la notion de contact humain n’existe plus vraiment. Selon le collectif, la situation n’est plus supportable, ils ont réalisé une pétition à destination du gouvernement.

Pour François Piret, porte-parole de ce mouvement, il existe deux raisons principales pour lesquelles le fonctionnement actuel de l’enseignement hybride est défectueux : "La première grande raison, c’est qu’on constate que les élèves ne vont pas bien. On remarque de plus en plus de décrochages scolaires, de pertes de motivation et ce, même pour les élèves qui se sont accrochés jusqu’ici. Ils ne trouvent plus vraiment de sens dans leur travail et c’est assez logique puisqu’ils sont la moitié du temps derrière un écran et l’autre moitié derrière un masque. La deuxième grande raison, c’est que l’on constate que l’enseignement en ligne ne fonctionne pas. On passe à côté de l’essence même de l’école, notre métier de professeur est un métier de contact. On vit des choses en classe ; Il existe tout un tas d’apprentissage qui ne peut pas se quantifier et qui ne sont pas de la simple transmission de savoirs. Par exemple, avec l’enseignement à distance on perd tout un aspect de l’interaction entre pairs ou entre élèves et professeurs qui partagent un point de vue".

Les mesures sanitaires, un frein à l’apprentissage

Dans la pétition, le collectif veut acter l’échec de l’enseignement à distance : “Ce n’est pas une solution”, insiste le porte-parole du collectif.

Mais plus que ça, il considère que ce sont les mesures sanitaires qui sont un réel frein à l’apprentissage. Elles entravent totalement l’interaction et les échanges entre chaque individu. Par ce constat, ces enseignants indiquent clairement que, d’un point de vue pédagogique, le port de masque est un vrai problème : “Nous demandons qu’il soit porté uniquement sur base volontaire. Loin de nous l’idée d’aller à l’encontre des experts du gouvernement, nous ne les critiquons pas, mais de notre point de vue d’experts de l’éducation, le port du masque ne peut pas devenir une habitude, une norme. Il coupe complètement la communication entre élèves et entre professeurs et élèves. Il faut se rendre compte qu’il y a des élèves que j’ai depuis le 1er septembre et dont je n’ai jamais vu le visage. C’est une catastrophe, on ne se connaît plus, on ne se rencontre plus. Or c’est ça qui se joue à l’école” rapporte François Piret.

Avec la perspective d’un Codeco la semaine prochaine, le collectif espère plus que tout que Caroline Désir, ministre de l’Éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles, respecte son engagement de rouvrir les écoles du secondaire à 100% en présentiel le 19 avril : ”L’enseignement à distance fonctionne uniquement lorsqu’il s’agit d’une simple transmission de savoir, ce qui ne fonctionne que pour quelques cours. Quand on pense aux cours de langue où l’interaction est absolument nécessaire, c’est un gros problème ; pareil pour certains cours de sciences comme en chimie où l’application et la pratique en laboratoire par les étudiants en direct sont idéales pour l’apprentissage. Et ne parlons même pas des cours de sport, où c’est vraiment le pire actuellement. L’école n’est pas le problème. Elle est la solution, c’est nous qui formons les citoyens de demain. La société ne peut pas se permettre d’entraver leur apprentissage. Ce n’est pas négociable d’après notre point de vue.”.

À l’heure actuelle, la pétition a récolté plus de 600 signatures.

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