Trouver un logement, une mission quasi impossible pour les réfugiés

Centre de la Croix Rouge de Fraipont
Centre de la Croix Rouge de Fraipont - © RTBF

Trouver un logement décent, bon marché, c'est de plus en plus difficile. Et quand on est réfugié, sans revenu, la mission est quasi impossible.

Chaque jour pourtant, des dizaines de réfugiés obtiennent la reconnaissance de leur statut. Ils doivent alors quitter leur centre d'hébergement et ont deux mois pour trouver un toit sinon, ils tombent dans la clandestinité. Une véritable course contre la montre s'engage du coup pour eux, mais ils peuvent s'appuyer sur des services d'accompagnement.

Si on les met dehors après les deux mois, on va en faire des SDF

C'est le cas au centre de la Croix Rouge de Fraipont, où Blaise Padi passe des dizaines de coups de fil par jour afin d'essayer de trouver un logement pour des réfugiés reconnus. Mais les refus sont nombreux. "Les refus, c'est parce que la personne est d'origine étrangère. En plus, la personne n'a pas encore de revenu parce qu'elle va vivre du CPAS. Sur une centaine d'appels, on a 90% de refus. Et dans les 10% qui acceptent, des fois ça coince parce que le propriétaire demande tout de suite la garantie locative".

C'est que la règle, c'est d'abord le logement qui doit être vu par un assistant social, puis l'aide sociale. Cela peut prendre plus d'un mois. Et sans revenu d'intégration, la personne ne sait payer ni loyer ni garantie. C'est le serpent qui se mord la queue.

"Il y en a très peu qui trouvent dans le délai des deux mois" explique Emmanuel Sindayhebura, directeur du centre de Fraipont. "Je trouve toujours un temps additionnel pour que ces personnes trouvent parce que si on les met dehors après les deux mois, on va en faire des SDF. Je pense qu'il faudra avoir l'audace ou le courage politique de pouvoir revisiter cette loi qui n'est plus adaptée actuellement, que ce soit pour les réfugiés qui arrivent ou même pour les Belges".

 

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