Trois parcs naturels associés pour réduire l'utilisation des produits phytosanitaires en agriculture

Trois parcs naturels sont associés au projet. Cela concerne 45 000 hectares.
Trois parcs naturels sont associés au projet. Cela concerne 45 000 hectares. - © RTBF - Olivier Thunus

Réduire de 50% l'utilisation de produits phytosanitaires endéans les 5 ans, principalement dans l'agriculture, c'est l'objectif d'un projet pilote lancé lundi à Burdinne par le ministre wallon de l'Agriculture René Collin, en collaboration avec trois parcs naturels : celui des Vallées de la Burdinale et de la Mehaigne, celui de la Vallée d'Attert, et celui des Plaines de l'Escaut. Un projet qui veut associer les acteurs de terrain.

 "Générations Terre", c'est le nom de ce projet pilote. Son objectif est clair : " Diminuer les produits phytosanitaires à concurrence de 30 pc dans les deux ans, de 50 pc dans les cinq ans. Les agriculteurs ont besoin pour cela de l’aide de la recherche et de conseils qui puissent être donnés par des personnes indépendantes des circuits commerciaux ", affirme René Collin, ministre de l'Agriculture.

Concrètement, les acteurs de terrain vont être réunis pour mettre en place des actions. " Il est prévu de contacter les agriculteurs et de leur proposer une remise en question de leur pratique culturale. Il s’agit également de leur proposer un conseil indépendant des réseaux de vente, autrement dit nous conseillons les agriculteurs mais nous n’avons pas de produit à vendre. C’est dans le but de remplacer l’utilisation systématique des produits phytosanitaires par une connaissance de terrain qui permettra peut-être d’éviter l’application d’un produit inutile ", précise Hadrien Gaullet, chargé de mission au Parc naturel des vallées de la Burdinale et de la Mehaigne.

Dans la zone du Parc naturel de la vallée de l'Attert, une trentaine d'agriculteurs sont directement concernés. " La première chose que nous allons faire, c’est de réaliser un inventaire, un diagnostic de tout ce qui est en place sur le territoire attertois. Ensuite, il s’agira d’essayer d’apporter de nouvelles pratiques agricoles. Certains agriculteurs sont également prêts à mettre des parcelles à destination du projet pour essayer de nouvelles pratiques ", détaille Sylvie Hubert, directrice du parc. 

Au Parc naturel des Plaines de l'Escaut, la réflexion sur cette question est déjà en cours. Des actions concrètes aussi, comme l’explique Reynold Leplat, directeur du parc : " Ce sont des aspects qui sont liés notamment au sol, maintenir ce sol vivant, sol qui est le premier support pour que les plantes puissent pousser correctement. L’autre démarche actuellement, c’est un travail sur l’autonomie et notamment l’autonomie fourragère, c’est-à-dire permettre à un agriculteur de produire lui-même la nourriture pour son bétail, et de rendre l’agriculteur de moins en moins dépendant des produits, des intrants ".

Les agriculteurs se disent intéressés par le projet, notamment pour une question de qualité. C’est ce qu’affirme Marianne Streel, présidente de l'Union des Agricultrices wallonnes : " Il est plus important pour nous d’avoir de la qualité que du rendement car si on n’a pas la qualité requise, on n’a pas d’acheteur. Aujourd’hui, contrairement à l’agriculture d’avant les années ’50, la qualité est un des premiers critères pour pouvoir vendre ".

Le territoire concerné par ce projet couvre près de 45.000 hectares.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK