Travail égal salaire égal : exposition à Herstal pour les cinquante ans de la grève des femmes de la FN

Trois mille ouvrières en grève pendant douze semaines. C'était à Herstal il y a cinquante ans. Les femmes de la FN revendiquaient des salaires équivalents à ceux des hommes. Le mouvement a marqué l'histoire du féminisme. CSC et FGTB se sont associées pour présenter dans une exposition les souvenirs de cette grève des femmes.

Cette exposition dans les anciens bâtiments du "Pré Madame" présente plus d'une centaine de documents écrits, sonores et photographiques. L'historien Lionel Vanvelthem de l'Institut d'Histoire Ouvrière et Sociale nous en a montré quelques-uns : "Dans cette photo de la FN, vous avez le cortège rue Hayeneux qui se dirige vers Liège avec toutes les manifestantes et les permanents syndicaux au premier rang. Cette autre photo est prise devant les grilles de la FN. Elle montre les panneaux que brandissaient les manifestantes : 'Pour la justice sociale', 'Flamands Wallons unis pour la lutte', 'travail égal, salaire égal', ce genre de choses."

La grève avait démarré à la mi-février 1966. Les ouvrières réclamaient un salaire égal à celui des hommes. La direction de la FN disait ne faire aucune distinction entre les hommes et les femmes. Pourtant, le système de calcul était défavorable aux ouvrières. "Même s'il y avait plusieurs classifications, elles gagnaient beaucoup moins que les hommes explique l'historien Lionel Vanvelthem et elles gagnaient moins alors qu'elles faisaient un travail de précision. En plus de ça, elles avaient l'impossibilité totale de monter dans la hiérarchie et donc elles restaient opératrices sur les machines jusqu'à la fin de leurs carrières." Charlotte Hauglustaine, aujourd'hui décédée, était la présidente du comité des grévistes : "Le 16 février au matin, celui qui aurait essayé de les arrêter, ou bien il était déshabillé ou bien il était mort. Je dois dire que parfois, elles m'ont fait peur. Vous savez ce que c'est quand les gens sont déchaînés."

Le mouvement durera douze semaines. Les ouvrières obtiendront bien une augmentation, mais moitié moindre que celles qu'elles espéraient. "Vous savez, dans un grève, on demande plus pour obtenir moins" expliquait Charlotte Hauglustaine. Une augmentation de 3,75 francs de l'heure contre les 4,26 qu'elles exigeaient et une durée hebodmadaire de travail diminuée : 44 heures au lieu de 45. Le 10 mais, après un vote secret, la grève prend fin.

Cette exposition sur la grève des femmes la FN, c'est à Herstal, dans les anciens bâtiments du "Pré Madame", du 16 février au 26 mars.

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