Trasenster: le village rachète son école pour éviter qu'elle soit rasée

Trasenster: le village rachète son école pour éviter qu'elle soit rasée (photo d'illustration)
Trasenster: le village rachète son école pour éviter qu'elle soit rasée (photo d'illustration) - © Belga (archive)

A Trooz, les habitants de Trasenster se sont mobilisés pour racheter eux-mêmes l'école et la salle des fêtes du village! Dans ce hameau de 400 âmes, l'école plus que centenaire a fermé il y a deux ans. Des promoteurs immobiliers voulaient la raser pour y construire un nouvel immeuble à appartements. "Pas question de perdre le cœur festif et culturel du village" se sont dits les habitants.

Avec le soutien de la commune, ils ont ensemble créé une coopérative à vocation sociale et réuni en quelques mois 166 000 euros pour racheter le bâtiment. Et éviter que leur village ne se transforme en cité-dortoir.

A Trasenster, nous avons rencontré Gérard Vandevenne. Il a usé ses fonds de culotte sur les bancs de l'école menacée. Le bâtiment est devenu le poumon social du village: "C'était une école déjà, donc un lieu de rencontre. C'était aussi un lieu où on a une salle des fêtes, là où on s'amuse, là où tous les villageois se rencontrent, échangent, jouent aux cartes, regardent des pièces de théâtre. On ne pouvait donc pas perdre cela. Notre projet ne pouvait pas être immobilier ni financier. Il était avant tout socio-culturel, et s'il n'avait pas été comme ça, on n'aurait jamais réussi".

Ensemble, les habitants ont choisi une solution inédite pour racheter le bâtiment: une coopérative à finalité sociale. Le principe: un coopérateur, une voix, peu importe le montant investi. En quelques mois, 146 habitants ont réuni 144 000 euros: "On peut dire qu'il y a 146 souscriptions qui ont été faites. Le plus jeune avait 6 mois, et la personne la plus âgée, et je l'en remercie parce qu'on peut comprendre qu'il n'y a aucun intérêt financier à ce moment-là, avait 80 ans. Il faut savoir que chaque part était à 500 euros et tout un chacun était libre de mettre ce qu'il voulait. Certains ont mis 500 euros, d'autres ont mis bien plus".

La commune a investi 20 000 euros dans la coopérative pour soutenir le projet et garder un droit de regard. Une formule inédite. Le bourgmestre socialiste de Trooz a dû batailler pour obtenir l'autorisation de la tutelle Wallonne. Mais l'aspect culturel et social de la coopérative a convaincu les autorités.

La salle des fêtes sera conservée, l'espace culturel agrandi. Et le reste du bâtiment de l'école accueillera 5 appartements, sans doute en collaboration avec l'Agence Immobilière Sociale.

 

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