Tram à Liège: la Ville ne baisse pas les bras

Tram à Liège: la Ville ne baisse pas les bras
Tram à Liège: la Ville ne baisse pas les bras - © Capture d'écran Youtube

Pour la 3ème fois, Eurostat, l'organe de contrôle budgétaire européen, recale le projet de tram à Liège. Le partenariat public/privé ne plaît pas aux autorités européennes.

Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, se dit évidemment très déçu mais ne compte pas pour autant abandonner ce projet vital pour sa ville: "Ce tram doit permettre de rendre service à toutes celles et tous ceux qui empruntent pour l'instant les bus bondés qui sont sur nos boulevards et sur nos quais" explique-t-il. "Cela doit nous permettre aussi de rénover 50 hectares du territoire de la ville de Liège. La première chose que nous allons faire, c'est évidemment nous tourner avec confiance vers la Région wallonne, vers la SRWT, qui est notre partenaire dans le dossier depuis plusieurs années mais aussi vers le gouvernement et vers le Parlement wallon. D'autre part, je pense que nous devons aussi nous tourner vers l'Europe, non pas les fonctionnaires européens mais les représentants politiques européens et leur dire que la COP21 à laquelle l'Europe s'inscrit nécessite des solutions en matière de mobilité douce. Et le tram, c'est la solution par excellence".

Le projet de tram n'est pas enterré, selon la SRWT

On l'a dit, le partenariat public/privé ne passe pas auprès d'Eurostat, dont l'avis doit à présent transiter par un organe fédéral, l'Institut des comptes nationaux, lequel doit informer le gouvernement wallon ainsi que la SRWT.

De plus, cet avis doit être motivé, argumenté. Ce qui n'est pas le cas actuellement. Pour Stephane Thiery, le porte-parole de la Société Régionale Wallonne des Transports, le projet de tram n'est pas enterré: "Il peut y avoir un dialogue contradictoire entre l'Institut des comptes nationaux et Eurostat, sur l'avis qu'il a rendu. Il peut y avoir aussi une décision du gouvernement wallon et on est à ce stade-là aussi, c'est au gouvernement wallon, sur base de l'avis formel qui sera rendu, avec l'explication de la position d'Eurostat, que le gouvernement wallon va pouvoir prendre position. Toute la SRWT qui porte ce dossier depuis plusieurs années se met évidemment à disposition du gouvernement wallon pour l'accompagner dans la décision qu'il prendra face à cet avis d'Eurostat".

"Il faut tenir bon" insiste l'échevin de la mobilité, Michel Firket

Y aura-t-il donc un jour un tram à Liège? Nous avons posé la question à l'échevin de la mobilité, Michel Firket: "Je ne peux pas imaginer qu'il en soit autrement" répond l'échevin. "Il y a eu trop de dépenses d'énergie, de créativité, trop d'études, trop d'argent déjà engagé, on parle de 50 millions".

Selon Michel Firket, "il faut tenir bon, il faut maintenir le cap". Pour lui, l'avis d'Eurostat, le troisième avis, n'est qu'un avis: "Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes soutenus dans notre démarche par l'Institut fédéral des comptes nationaux qui, depuis le début, trouve que le dossier est parfaitement sur les rails (c'est le cas de le dire) et qui est donc notre meilleur défenseur pour que, auprès du gouvernement wallon, auprès de l'état fédéral, et aussi, le cas échéant, auprès de la commission européenne, ce dossier soit approuvé".

Toujours selon l'échevin, on pourrait ne pas tenir compte de l'avis d'Eurostat: "Il s'agit d'un avis, et on peut, comme d'ailleurs le gouvernement flamand l'a fait pour le ring d'Anvers, pour le prolongement des lignes de tram à Anvers aussi, on peut passer la commande et appliquer les perspectives budgétaires que le dossier prévoit".

"Sans tram, nous sommes condamnés à l'immobilité"

La Ville de Liège a lancé une pétition via internet. Une mesure bien utile pour l'échevin, même si ce n'est pas cela, selon lui, qui va effrayer Eurostat: "Effrayer non, mais je crois qu'il est temps, on n'en a jamais manqué du soutien des Liégeois, mais il est temps de le manifester, de le faire valoir. Et je crois que toutes les forces politiques, académiques, économiques et sociales liégeoises doivent se rendre compte que c'est LE dossier du dernier quart de siècle, c'est le plus important. Sans tram, nous sommes condamnés à l'immobilité, sans le tram c'est le développement urbain de Liège dont tout le monde sent maintenant la réalité et la force, c'est ce développement qui est remis en cause. Une ville qui est congestionnée par la voiture, c'est une ville qui n'a pas d'avenir".

 

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