Tinlot : cent voitures de société pour les chauffeurs du transporteur SCTR

SCTR va fournir une voiture de société à ses chauffeurs, à l'avant-plan un de ces véhicules
SCTR va fournir une voiture de société à ses chauffeurs, à l'avant-plan un de ces véhicules - © RTBF - Martial Giot

C’est une première en Wallonie, la société de transport SCTR, basée à Tinlot, a décidé de fournir une voiture de société à ses chauffeurs. Ils en prendront possession ce samedi.

L’opération est importante : la flotte est de cent voitures et la dépense est estimée à deux millions et demi d’euros en cinq ans.

SCTR est une société familiale, active depuis près de trente ans. Elle emploie une centaine de chauffeurs, tous sous contrats belges. Si elle va leur confier des voitures de société, c’est à la fois pour les récompenser, pour attirer de nouvelles recrues mais pour aussi valoriser ce métier.

Remerciement

« Nous leur demandons de faire leur preuve durant quatre mois, où ils seront ponctuels, respectueux de la législation, respectueux des règles de sécurité. », explique Colette Crahay, administratrice de SCTR, « Tout d’abord, nous voulons remercier nos chauffeurs, pour l’ensemble des sacrifices et des efforts fournis aussi bien pour le travail que pour la sécurité. »

Denis-Pierre Crahay, son époux, le directeur général de la société, poursuit : « C’est pour ça que nous mettons tout en œuvre pour recruter des bonnes personnes et nous les récompensons avec des voitures, pour qu’ils viennent plus facilement déjà au travail et continuer dans ce sens-là. »

Pénurie

Mais Colette Crahay constate : « Il y a une grande pénurie dans le métier. Au vu du nombre de sacrifices, beaucoup démissionnent directement. Nous cherchons à l’heure actuelle trente chauffeurs. Nous formons des jeunes, et également des plus de 26 ans, grâce au Forem et un partenariat avec le fonds social. Malheureusement, ils ne sont pas assez nombreux. Il est très difficile de trouver des chauffeurs qui se rendent compte des difficultés du métier et qui vont jusqu’au bout de la formation. »

Dans un tel contexte, il est évidemment important de conserver les bons éléments. « De les conserver, de les motiver, de montrer qu’on fait attention à eux et qu’on sait l’ampleur du sacrifice qu’ils nous fournissent », explique Colette Crahay, « Et donc c’est une manière de les remercier. »

Patrick Stroobant, dans le transport depuis 29 ans, dont presque cinq à SCTR, témoigne : « C’est rare une société qui valorise ses chauffeurs. C’est une grosse motivation en plus. » Et être chauffeur, ce n’est pas seulement conduire un poids lourd… « Il y a du chargement, du déchargement, la connaissance de la législation et beaucoup d’autres choses. Et ce n’est pas facile tous les jours. », explique Patrick Stroobant, « Il y a pas mal d’appelés mais très peu qui arrivent à avoir une longue carrière. L’envie, il y en a beaucoup qui ne l’ont pas. »

Mauvaise image

Colette Crahay conclut : « Le chauffeur routier a une très mauvaise image or ce sont des hommes courageux et qui mettent tout en œuvre pour respecter tous les usagers. J’espère que les cent voitures qui seront sur la route vont montrer aux autres usagers qu’ils sont chauffeurs professionnels au volant de leurs camions, mais aussi au volant de leurs voitures. »

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