Tests Covid 19 :des tests privés, rapides mais sans valeur légale

Tout part d’une tente située le long d’un centre commercial liégeois. C’est là qu’un entrepreneur actif dans le secteur du nettoyage propose ses tests. Et le mot d’ordre donné au personnel, c’est rapidité. Tout doit être vite réglé, pas besoin de prescription, juste de quoi payer 48 euros. Le résultat est communiqué dans l’heure qui suit le test. Aucun centre ne propose de réponse aussi rapide mais attention, ici le remboursement de la sécurité sociale n’est prévu.

Pour Nordin Abousaid, l’initiateur de cette entreprise "mobile", la volonté ne serait pas exclusivement lucrative : " la volonté est de pouvoir desservir les clients et quelque part désengorger les institutions. Bien sûr, il y a une approche commerciale mais ce n’est absolument pas le but. Bien entendu, gagner de l’argent est important pour une entreprise mais joindre l’utile à l’agréable c’est d’autant plus valorisant ".

Les tests doivent être réalisés par un laboratoire agréé

Deux tests sont proposés : le sérologique et l’antigénique. Ce deuxième test est une alternative aux tests PCR. Il se fait dans le nez aussi mais est moins sensible. Le risque d’avoir un faux négatif est plus élevé. Ce test doit aussi être effectué dans des conditions précises et ici, ces conditions ne sont pas respectées. C’est une étudiante infirmière qui effectue les tests alors que normalement, cela doit être fait par un biologiste clinique au sein d’un laboratoire agréé comme l’explique Frédéric Cotton, chef du service chimie médicale au laboratoire hospitalier universitaire de Bruxelles (ULB) : " Ce sont des tests de laboratoire qui doivent être effectués par des spécialistes agréés dans des laboratoires tels que celui-ci ou sous la supervision d’un laboratoire comme le nôtre. Donc là, on est dans une situation intermédiaire dans un contexte particulier…, une tonnelle sur un terrain vague avec un aspect lucratif, je pense très important, qui pose question ".

Des tests d’origine chinoise encore non validés par l’Agence fédérale des médicaments

Qui plus est, ces tests d’origine chinoise n’ont pas encore été validés par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé. Autre élément important, ce mini-laboratoire n’est pas accrédité par les autorités belges.

Pour Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid 19, le résultat du test n’a donc aucune valeur légale : " On est dans une structure qui n’est pas officielle et reconnue comme laboratoire, donc le résultat qui en sort est purement informatif mais n’a aucune valeur officielle ". Autrement dit, présenter ce test à son employeur n’a pas d’intérêt.

Pas de signalement et donc pas de traçage par Sciensano

Autre élément interpellant, en cas de résultat positif, Sciensano n’est pas averti. Le tracing ne peut donc pas prévenir l’entourage du patient. Malgré cela, une trentaine de personnes sont passées dans cette structure depuis vendredi.

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