Stoumont: le filage, un hobby qui reprend du poil de la bête

C'est un championnat de Belgique un peu particulier qui s'est déroulé ce dimanche à Moulin du Ruy (Stoumont): la deuxième édition du championnat de Belgique de filage de laine. Une compétition conviale à laquelle ont participé près de 30 fileuses venues de Belgique, d'Allemagne, du Luxembourg et de France. Comme le tricot ou le crochet, le filage, c'est avant tout un hobby et il redevient très tendance.

La passion du filage depuis 35 ans

Néerlandaise d'origine, Stoumontoise d'adoption, Debby van der Heijden est l'organisatrice de l'événement. C'est sa tante qui lui a appris à filer la laine . Elle avait à peine 9 ans. Dans son pays natal, il existe des concours de filage et comme il n'y en avait pas chez nous, elle a créé ce championnat: "J'aime les matières naturelles comme la laine de tous les animaux que l'on peut récupérer pour se chauffer, pour fabriquer des objets décoratifs, des vêtements... les possibilités sont infinies. Le fil industriel, c'est le même partout, il n'y a pas ces irrégularités qui font le charme de la laine filée manuellement".

La Stoumontoise rachète la tonte de producteurs locaux et , pour ce championnat, elle a établit des règles strictes avec 3 types de laine à filer: une laine non lavée, brute puis une laine brossée et enfin une laine lavée.  Les participantes doivent reproduire l'écheveau que Debbie a filé. Il faut donc parvenir à la même tension de fil, la même longueur.

Un passe-temps abordable

S'il y a des prix, ici, la compétition est bonne enfant. Pas besoin d'être experte pour y participer : "j'ai mon rouet depuis décembre seulement", explique Julie, 34 ans, "je n'ai jamais filé de la laine non lavée comme cela. Moi, j'ai des lapins et je file leur laine pour faire mes propres vêtements." Lana, 12 ans, est la plus jeune des participantes. Installée à côté de sa maman, elle s'applique. "J'aime ce qui est manuel, je fais aussi de la dentelle". Plus loin, des habituées discutent tout en filant : "Je fais tout de A à Z, je récupère des tontes, je trie, je lave, je file, je tricote des pulls, des châles. Ils sont uniques et bien chauds", explique Christine. Michèle ajoute : "J'ai toujours aimé les matières, les couleurs et puis, c'est comme le jardinage, ça détend".

Quant à l'investissement, il est variable. On peut déjà se faire prêter des rouets, en acheter d'occasion à moins de 50 euros mais bien sûr , les plus belles "machines" peuvent grimper jusqu'à 1000 euros.

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