Spectaculaire évasion à Lantin: Mohamed El Jabbari jugé après une impressionnante cavale de 3 ans

Spectaculaire évasion à Lantin: Mohamed El Jabbari jugé après une impressionnante cavale de 3 ans
Spectaculaire évasion à Lantin: Mohamed El Jabbari jugé après une impressionnante cavale de 3 ans - © Tous droits réservés

Le tribunal correctionnel de Liège a entamé mercredi l'examen du dossier de Mohamed El Jabbari et de six autres personnes poursuivies dans le cadre des faits commis lors de sa spectaculaire évasion de la prison de Lantin en mai 2011. Mohamed El Jabbari avait notamment été complice de quatre tentatives de meurtres sur les gardiens avant d'entamer une cavale de près de trois ans.

Une évasion digne d'un film

Mohamed El Jabbari, 34 ans, s'était évadé de la prison de Lantin le 27 mai 2011. Des individus disposant d'armes de guerre avaient pris d'assaut le mur d'enceinte de la prison et avaient fait feu en direction des gardiens.

Ils avaient préalablement cisaillé les grillages et utilisé une échelle métallique et une échelle de corde pour permettre à Mohamed El Jabbari de s'évader. Ce truand lourdement condamné à un total de 15 années de prison avait réalisé une cavale de près de trois ans avant d'être intercepté le 14 avril 2014 à Arlon avec 1,7 kg d'héroïne.

Incognito, il s'était fait raccompagné par la police de Waremme

Parmi les préventions reprochées à Mohamed El Jabbari dans le cadre des faits commis lors de son évasion ou de sa cavale, figurent des faits de faux et usages de faux. Sa méthode consistait à utiliser les documents d'identité d'autres personnes afin de se rendre à l'administration communale. Prétextant une photo d'identité rendue illisible, il avait réclamé le renouvellement des documents officiels. Mohamed El Jabbari ou un de ses complices avait utilisé ce stratagème pour obtenir une carte d'identité, un passeport et un permis de conduire.

Le fait le plus cocasse s'était déroulé à Waremme, où des policier l'avaient découvert somnolent sur un banc. Pensant jouer les bons samaritains, les policiers l'avaient gentiment reconduit à la gare, ignorant qu'ils véhiculaient l'évadé le plus recherché du pays.

Il a repassé son permis de conduire

Cette méthode a permis à l'évadé de passer l'examen théorique du permis de conduire sous une fausse identité, de se rendre chez le médecin et de se faire soigner les dents lors de sa cavale. Il avait aussi rendu visite régulièrement à des membres de sa famille.

Mohamed El Jabbari avait finalement été intercepté à Arlon par d'autres policiers qui l'avaient contrôlé alors qu'il était mal stationné à proximité d'une église.

Tentatives de meurtre mais pas que...

Mohamed El Jabbari et six autres prévenus répondent notamment de tentatives de meurtres, d'association de malfaiteurs, de recel de détenus, de faux et usages de faux, d'incendie volontaire et de port public de faux noms.

A noter que lors de sa détention à la prison de Bruges, Mohamed El Jabbari a attaqué l'Etat Belge en justice concernant l'emploi des langues. L'état a été condamné à lui verser des astreintes

Je voulais m'évader mais pas à n'importe quel prix

Lors de la première audience consacrée à l'instruction des faits, Mohamed El Jabbari a notamment expliqué qu'il avait échafaudé un plan précis d'évasion, mis en œuvre depuis un atelier de mécanique, où il avait utilisé une disqueuse pour découper les barreaux d'une fenêtre. Il disposait d'un GSM lui permettant d'activer une équipe de complices prêts à intervenir de l'extérieur.

Selon Mohamed El Jabbari, son frère, décédé depuis, aurait été le principal complice de son évasion et de sa cavale. Il a contesté l'intention homicide à l'égard des gardiens. "Je voulais m'évader mais pas à n'importe quel prix", a-t-il indiqué.

L'examen de l'affaire reprendra le 31 mai.

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