Sommet de l'Etudiant Entrepreneur de Liège: rencontre avec une étudiante entrepreneuse

Décence Kabagambe Binene peaufine actuellement son projet Déssentiel au sein du VentureLab
Décence Kabagambe Binene peaufine actuellement son projet Déssentiel au sein du VentureLab - © RTBF - Martial Giot

Le second Sommet de l’Étudiant Entrepreneur se tient ce mercredi à Liège.

Il est organisé par le VentureLab, l’incubateur pour étudiants entrepreneurs. Initié par l’Université de Liège, il vient de fêter ses trois ans. Il a déjà accueilli 309 étudiants dont les idées ont permis la création de 47 entreprises et de 123 emplois.

Le Sommet de l’Étudiant Entrepreneur permet à la fois de découvrir les parcours des étudiants entrepreneurs, de soutenir leurs projets, de s'en inspirer ou de recevoir conseils et informations.

Déssentiel : des jeux pour stimuler l’apprentissage de base des enfants

Diplomée de HEC-Ecole de gestion de l'Université de Liège en 2016, Décence Kabagambe Binene peaufine actuellement son projet au sein du VentureLab. Elle le lancera en juillet prochain. Baptisé Déssentiel, son site d'e-commerce proposera aux parents des jeux pour stimuler l'apprentissage de base de leurs enfants.

" En ce qui concerne les jeux d’attention et de concentration, j’en ai trois. Les autres jeux, il y a seize références. J’ai choisi d’être le plus précis possible, donc de ne pas proposer énormément de choses, justement pour que les parents ne se perdent pas, comme ils se perdent dans d’autres sites. Avec dix jeux pour travailler la vitesse de lecture, ils se disent : Mon dieu, lequel ? ", explique Décence Kabagambe Binene, " Mon but, c’est vraiment de proposer un jeu pour travailler une chose. "

" Pour le moment, ce sont uniquement des jeux physiques, mais avec le temps, je compte développer des jeux qui peuvent être jouer sur tablette ou sur ordinateur. ", poursuit l’étudiante entrepreneuse, " J’irai chercher les feedbacks auprès des parents et auprès d’experts, donc des logopèdes et des neuropsychologues, pour trouver des jeux qui répondent encore mieux aux objectifs. Ce sera soit des jeux qui sont sur le marché et qui sont meilleurs que ceux qui étaient proposés à la base, ou alors des jeux que j’aurais créés si je n’en trouve pas sur le marché. "

Un projet né d’une expérience personnelle

" Ce sera un site internet, d’e-commerce. Les parents auront le choix, soit de répondre à un court questionnaire pour avoir des propositions de jeux précis pour travailler les difficultés de leur enfant ou alors ils pourront aller dans la gamme de jeux et choisir. Voir, par exemple, que pour les vitesses de lecture, on propose tel jeu. Par ailleurs, s’il a des doutes ou si son enfant présente des lacunes persistantes à l’école, il pourra répondre à un test de dépistage que j’ai rédigé avec l’aide des logopèdes. " 

Déssentiel est né de l’expérience personnelle de Décence Kabagambe Binene. " Je voulais contribuer d’une certaine manière à l’épanouissement scolaire des enfants. ", confie-t-elle.

Le rôle décisif du VentureLab

Il a ensuite fallu passer de l’idée à la réalisation. " Il faut déjà avoir l’envie de la réaliser. Ensuite on essaye de trouver comment y arriver. Ma première idée, cela a été de venir au VentureLab présenter mon projet au comité et voir ce qu’il en pense. Convaincre mes parents, cela a été difficile. Le fait que j’ai été admise au VentureLab, cela les a rassurés. Ils se sont dits " elle ne sera pas toute seule, si le VentureLab dit non, c’est que ce n’était pas une bonne idée ". Le VentureLab, c’est l’accompagnement au quotidien. Dans chaque étape, on est accompagné par notre coach. Il nous aide, il nous challenge aussi, sur notre projet. Il nous aide à trouver des solutions à chaque fois qu’on est un peu bloqué. Les coachs nous apprennent beaucoup de choses du monde entrepreneurial… Par exemple, ne jamais aller trop vite et puis surtout se remettre toujours en question. Parfois, on a l’impression que notre intuition est bonne, mais il faut toujours vérifier son intuition, ça c’est vraiment une chose que j’ai apprise ici. " Sans le VentureLab, se serait-elle lancée aussi rapidement dans un projet de création d’entreprise ?  " Je ne pense pas que je me serais lancée tout de suite. J’aurais d’abord été travailler quelques années pour savoir un peu plus comment cela se passe… Puis là, je me serais lancée. "

Caution scientifique et financement

Dans un projet tel que celui que porte Décence Kabagambe Binene, la caution scientifique est très importante. " C’est pourquoi je travaille avec des logopèdes et de neuropsychologues. " Des spécialistes qu’il a fallu convaincre et cela n’a pas été simple. " Parce qu’ils ont déjà beaucoup de patients et que leur temps est déjà pris. Ensuite, ils n’ont pas l’habitude de travailler avec les entreprises, donc ça a été un moment assez corsé ! "

Lancer une entreprise, cela nécessite évidemment aussi de l’argent. " J’ai la chance d’être soutenue par ma famille pour ça. ", explique notre étudiante entrepreneuse, " Je pense lever des fonds également, pour compléter cet apport. Pour le moment, on estime le besoin de financement à 56.000 euros, je souhaite lever 50.000 euros. "  

 

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