Six questions à Pierre Wolper, nouveau recteur de l'Université de Liège

Pierre Wolper, nouveau recteur de l'Université de Liège
Pierre Wolper, nouveau recteur de l'Université de Liège - © RTBF - Olivier Thunus

L'Université de Liège a donc un nouveau recteur élu, il s'agit de Pierre Wolper, un ingénieur civil électricien de 63 ans, professeur d'informatique à la faculté des Sciences Appliquées. Il prendra ses fonctions en principe dans quelques jours, lorsqu'il aura été officiellement nommé à ce poste par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il a été élu pour un mandat de 4 ans et s’est prêté au jeu des questions-réponses.

 Pierre Wolper, comment concevez-vous l’université de demain ?

L’université est un monde en pleine évolution pour toutes sortes de raisons. Nous avons une évolution technologique. Ça influence notre enseignement. Il y a par exemple des cours book, des cours à grande audience qui sont consultables largement dans le monde. Et les supports sur lesquels l’information se diffuse sont tout à fait différents et d’évolution rapide. Ça veut dire que nous devons repenser aussi le rôle de notre université, qui va au-delà de simplement une transmission d’information, mais vraiment dans un environnement d’apprentissage. Je pense que pour nos étudiants c’est essentiel. En fait, quand on étudie, ce n’est pas seulement recevoir une information, c’est aussi dans un processus social d’apprentissage. C’est vraiment cette optique là que j’ai pour l’université de demain. On doit offrir autre chose que l’information. Ce n’est plus uniquement suffisant d’être uniquement braqué sur le cours que le professeur délivre et que l’étudiant reçoit assez passivement. Donc c’est pour ça que de plus en plus nos étudiants sont demandeurs de locaux pour travailler, sur le campus. Et c’est le genre de chose que je veux développer.

 Quels sont les principaux changements que vous comptez mettre en place ?

Pour moi, l’important c’est que dans notre université, chacun puisse bien faire son travail. Ça veut dire simplifier les charges qui sont périphériques à nos missions principales. Donc qu’un enseignant enseigne, qu’un chercheur recherche, etc. Bien sûr on doit aussi s’occuper de tâches de gestion, de tâches administratives, mais il faut qu’elles soient les plus légères possibles, et toujours faites dans une optique constructive. Et là, il y a pas mal d’amélioration qui peuvent être faites.

 Votre première décision, quelle sera-t-elle ?

On verra ce que le calendrier donne. Mes premières décisions vont aller dans le sens de faciliter le travail des membres de l’Université. Ce sera des décisions de simplification de procédures et d’amélioration des conditions de travail de chacun.

Votre volonté, c’est de systématiquement confronter les décisions aux objectifs généraux qui sont pris ?

Ça me semble très rationnel. Si on décide quelque chose qui n’est pas conforme à ses objectifs, il faut vraiment savoir pourquoi, parce que si on le fait, c’est qu’on a de bonnes raisons. Si on n’a pas de bonnes raisons, c’est que ce n’est pas une bonne décision. Je suis dans une optique de gestion rationnelle, de me dire que quand on prend une décision, on doit savoir d’abord quel est son impact. Est-ce une décision importante qui va impacter beaucoup de personnes ou qui présente financièrement un impact important ? Si c’est quelque chose de mineur, il ne faut peut-être pas se casser la tête. Si c’est quelque chose d’important, il faut se dire effectivement est ce que ceci va contribuer à nos objectifs d’avoir une université de qualité, qui fait de la recherche bien visible au niveau international, et qui forme bien nos étudiants ?

 Si on regarde les résultats de ces élections, on voit que vous avez été soutenu par le personnel enseignant et par les étudiants, moins par les autres catégories de personnel. Comme est-ce que vous expliquez cela et quel geste comptez-vous faire envers ces autres catégories de personnel ?

On a l’information sur les chiffres de vote, pas sur les motivations du vote. Je pense que dans le personnel administratif et technique, il y a une certaine inquiétude et ma politique par rapport à ça c’est de rassurer. Quand les personnes de l’université me verront travailler, j’espère qu’elles seront rapidement rassurées.

 Au début du processus électoral, vous avez été opposé au recteur sortant, Albert Corhay. La transition se fait elle amicalement ?

C’est tout à fait correct. Nous nous sommes vus ce vendredi pour une transmission d’information et je pense que les choses vont se passer sans problème particulier.  

 

 

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