Seraing : un an après le départ d'Alain Mathot, qui dirige la ville ?

Francis Bekaert, l'actuel bourgmestre de Seraing
Francis Bekaert, l'actuel bourgmestre de Seraing - © Tous droits réservés

Depuis un an, Seraing n’est plus dirigée par Alain Mathot. L’annonce de son départ de la vie politique a fait l’effet d’une bombe au sein du PS local. Il incarnait la ville. A la place, c’est son fidèle lieutenant, Francis Bekaert – un homme de l’ombre qui est devenu bourgmestre. De peu. La jeune et bouillonnante Deborah Geradon le talonne à 150 voix près. Son retour à Seraing est lié au départ d’Alain Mathot avec qui elle ne s’entendait pas. Elle est devenue échevine. Tout comme une autre jeune socialiste proche, elle, d’Alain Mathot : Laura Crapanzano. Les deux ont choisi Seraing plutôt qu’un poste de députée. Rivales, elles briguent toutes les deux le maïorat en 2024. Mais un an après les élections, quelle place, Alain Mathot tient-il encore à Seraing ?

Aujourd’hui, Alain Mathot travaille pour le privé dans le secteur immobilier. Il est souvent à l’étranger. Et il prépare aussi sa défense dans le procès Intradel. Il ne fait plus partie des instances dirigeantes du PS. A-t-il encore du pouvoir à Seraing ? La réponse d’une de ses proches, l’échevine Laura Crapanzano : "Il reste un militant socialiste actif mais si la question est "est-ce que c’est une belle-mère encombrante qui nous dit ce qu’on doit faire ?" La réponse est non."

"François Bekaert, un capitaine avec pas mal d’adjoints" selon Deborah Geradon

Autant Alain Mathot défendait personnellement ses dossiers autant Francis Bekaert aujourd’hui délègue.
L’urbanisme et le développement territorial pour Déborah Geradon, les finances et les travaux pour Laura Crapanzano… Une manière pour le discret nouveau maïeur de neutraliser les ambitions de ses deux échevines. Pour Laura Crapanzano, "Francis Bekaert permet à chacun de travailler sur ses dossiers et de s’exprimer sur ceux-ci. Ils nous laissent une autonomie dans nos matières et en même temps, la répartition des compétences au niveau du collège sont bien faites parce qu’elles nous poussent à travailler en équipe." Moins proche du bourgmestre au départ, Déborah Geradon affirme se sentir aujourd’hui bien dans son poste d’échevine : "il n’y a pas de non-dits, il y a une bonne ambiance. Il fallait remettre de la proximité, du contact avec les gens et Francis a vraiment impulsé ça." Alors Seraing a-t-elle un capitaine ? "Oui, un capitaine mais avec pas mal d’adjoints" répond Déborah Géradon.

Bourgmestre par accident, il a pris goût au pouvoir

De son côté Francis Bekaert reconnaît être devenu bourgmestre par accident. Il évoque "une continuité politique et un rôle d’arbitre au-dessus de la mêlée." Avec une courte majorité absolue (20 élus PS sur 39), "on a eu peur" avoue-t-il. Mais après un an, il a pris goût au pouvoir. Il n’exclut pas de se représenter aux prochaines communales. Pour l’opposition MR, le nouveau bourgmestre manque de leadership. La ville n’a pas de moteur. Seul consensus à Seraing : la poursuite du Masterplan. Excepté pour le PTB. Pour lui, c’est vendre la ville aux promoteurs privés. En tout cas, avec sa courte majorité, le PS au pouvoir maîtrise ses conflits internes. Jusqu’à présent.

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