Semaine du journalisme constructif: des outils pour plus de convivialité entre ruraux et néoruraux au Pays de Herve

Des outils ont été créés pour amener plus de convivialité entre ruraux et néo-ruraux
Des outils ont été créés pour amener plus de convivialité entre ruraux et néo-ruraux - © RTBF - Olivier Thunus

Des habitants des villes qui s’établissent à la campagne et se plaignent des désagréments de celle-ci, des inconvénients liés à l’agriculture notamment. Ou encore des agriculteurs qui sont confrontés à des pratiques parfois dangereuses pour leurs animaux, c’est le dialogue parfois difficile entre ruraux et néoruraux. Sur le plateau de Herve, le groupe d’action local s’est attaqué au problème en proposant divers outils.

Un coq qui chante dès le lever du soleil, des excréments ou boues sur la route, des odeurs de lisier, quelques-uns des désagréments ponctuels liés à la vie à la campagne. A Herve, le bourgmestre, Marc Drouguet, est aussi agriculteur. Alors ce type de conflit, il y est habitué : " On perçoit des non-compréhensions. L’agriculteur ne comprend pas nécessairement les néoruraux et les nouvelles attentes, et les néoruraux ne comprennent pas nécessairement les pratiques des agriculteurs et la réalité au quotidien dans les fermes. Quand vous vous croisez et que l’agriculteur qui vit au milieu d’un village dit bonjour aux néoruraux mais que ceux-ci ne disent pas bonjour, ou le contraire, tout ça simplement à cause de quelques incompréhensions, ce n’est pas évident ".

Face à ce constat, le groupe d’action local du Pays de Herve a tiré une conclusion : il faut expliquer les réalités des uns et des autres. Pour cela, il a mis en place plusieurs outils.

On a rebondi d’abord une premières fois en créant un calendrier, pour sensibiliser aussi à la saisonnalité : à tel moment il y a telles activités, à tel moment d’autres, et ça permet aussi de mieux se connaître. Il y a aussi un outil plus pérenne, ‘Un brin de convivialité ça vous botte ?’, sous forme de petite BD, dans le but d’avoir à la fois le point de vue de l’agriculteur et le point de vue du riverain, pour expliquer les réalités de chacun. Mais il y a encore des publics qui ne sont pas touchés donc dans ce cadre-là on aimerait sortir des petites capsules vidéo sur les réseaux sociaux parce que ça, ça touchera un autre public ", explique Catherine Khronis, chargée de mission agriculture au GAL Pays de Herve.

Des outils qui visent donc à renouer le dialogue. Pour Vincent Schyns, agriculteur à Bilstain, c’est une nécessité : " On se fait toujours une idée approximative du métier et c’est vrai que le dialogue et les outils qui sont là, et notamment cette charte de convivialité, peuvent permettre à chacun de comprendre un peu la vision de l’autre. On a parfois des prairies qui ne se situent pas directement derrière l’étable, donc il faut parfois traverser des routes. Or les gens sont de plus en plus pressés et parfois, il faut attendre que le bétail traverse. On ne sait pas arrêter comme ça un troupeau qui traverse une route. C’est un exemple parmi d’autres sur lequel on aimerait qu’il y ait une compréhension ", précise-t-il.

Julien Beuvens habite Grand-Rechain, un village comptant plusieurs agriculteurs. Et il le reconnaît, ces outils amènent une meilleure compréhension des uns et des autres : " Les nouveaux ménages qui s’installent à la campagne font des commentaires, notamment sur l’odeur du purin, les mouches, etc. quand ils sont à proximité d’exploitations agricoles. Et avec ce guide, j’ai par exemple mieux compris que certaines personnes qui vont mettre leurs restes alimentaires dans les prairies, pour les bêtes, ce n’est pas toujours bon en ce qui concerne certains restes ou épluchures ", confie-t-il.

Certains lecteurs de ces outils ont déjà reconnu avoir mieux perçu grâce à ceux-ci la réalité de l’autre. Des outils disponibles sur le site Internet du GAL Pays de Herve.

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