Semaine du journalisme constructif: à Herstal, la filière anti-gaspi des invendus alimentaires

A Herstal, environ 200 familles viennent chercher une fois par semaine, leur colis à l'épicerie alimentaire
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A Herstal, environ 200 familles viennent chercher une fois par semaine, leur colis à l'épicerie alimentaire - © Tous droits réservés

Depuis plusieurs années, la ville de Herstal lutte contre le gaspillage alimentaire. Un règlement oblige d'ailleurs les grandes surfaces à proposer leurs invendus aux associations d'aide aux plus démunis. Mais la commune va plus loin. Elle a créé une véritable filière anti-gaspi. C'est le Cpas qui récolte en camions réfrigérés les invendus. Qui peut bénéficier de ces invendus? Les ménages herstaliens qui ont un revenu disponible de moins de 200 euros par personne, les sans-papiers et les personnes en état d'urgence. Les invendus sont soit directement distribués dans une épicerie solidaire soit transformés en confiture, en conserve ou en repas à l'atelier Horesol. L'association forme aussi dans son atelier, des stagiaires dans les métiers de la restauration. Et elle propose chaque midi un bar à soupe gratuit ou une table d'hôte pour les plus démunis. Un projet financé à 50 % par le Fond social européen. La boucle est bouclée donc avec ce recyclage quasi complet d'invendus alimentaires destinés au départ à la poubelle...

"J'ai déjà eu des morceaux de viande à 45 euros le kilo!"

Pina Didodo dirige l'épicerie solidaire où sont stockés les invendus: "on a un partenariat avec le delhaize. On va récolter leurs invendus tous les jours." Une partie est directement redistribuée sur place aux plus démunis. Sebastien fait partie des 200 familles qui viennent chaque semaine chercher leur colis. "On se le partage avec ma grand-mère. Ce qui est bien, c'est que c'est varié. C'est chaque semaine, quelque chose de différent. Généralement les invendus c'est des trucs super chers. J'ai déjà eu des morceaux de viande à 45 euros le kilo. On mange pas de la merde. On ne mange pas des trucs pas frais." 

"Avec le surplus, on fera un coulis de tomates. Ici, on ne jette rien!"

Une partie des fruits et légumes invendus sont envoyés ailleurs, dans l'atelier de cuisine du projet Horesol. Ce jour-là, c'est Joëlle Coenen qui dirige la cuisine entourée d'une dizaine de stagiaires. Au menu: soupe aux tomates. "Ici, on ne jette rien. Elles étaient un peu trop mûres pour en faire une salade alors on a décidé d'en faire un potage. Et avec le surplus, on fera un coulis de tomates."

Des conserves, un bar à soupe et une table d'hôte à partir des invendus 

Autre filière de transformation: celui des conserves. A l'atelier, on stérilise sur place des bocaux. Et on y conserve soit des confitures, soit des potages ou des légumes en surplus comme des haricots princesse, par exemple. Il est midi. A côté de la cuisine, le bar à soupe est ouvert. ils sont une dizaine d'habitués. Ils viennent le lundi, mardi et jeudi. Et c'est gratuit. Pour la table d'hôte, une fois par semaine le mercredi, ce sera 3 euros.

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