Salle de shoot à Liège: plus de 200 usagers inscrits, trois mois après son ouverture

Salle de shoot à Liège: plus de 200 usagers inscrits, trois mois après son ouverture
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Salle de shoot à Liège: plus de 200 usagers inscrits, trois mois après son ouverture - © RTBF - Erik Dagonnier

A Liège, voilà 3 mois qu'une salle de consommation dite "à moindre risque" a ouvert ses portes. C'est la première en Belgique.

2/3 du public visé inscrit

Chaque consommateur y amène son produit pour le fumer ou se l'injecter, essentiellement de l'héroïne et de la cocaïne. Au total, 216 usagers sont aujourd'hui inscrits à la salle. Ce qui représente environ les deux tiers du public visé.

Nous avons fait la rencontre de Mégane, dans un lieu de vie où on parle de la drogue de façon tout à fait décomplexée: "On doit laisser nos affaires dans un casier" explique Mégane. "On prend juste avec nous la drogue. Moi je viens pour une injection d'héroïne. J'ai 35 ans. J'ai commencé à 19 ans. J'ai arrêté deux fois pendant trois ans mais le reste du temps, j'ai toujours consommé".

Sur son plateau, on trouve tout ce qui est nécessaire pour faire un shoot: "Une aiguille, une casserole pour la préparer, de l'eau, de l'acide ascorbique et un désinfectant. Ici, c'est un garrot pour faire ressortir les veines et faciliter l'injection".

Pour Mégane, qu'il y ait des endroits comme celui-ci, c'est une bonne chose: "Quand on était à l'extérieur, c'était beaucoup plus compliqué parce qu'avec le froid, le fait d'être dehors, le stress de se faire contrôler... Il y a aussi le regard des gens, mais on finit par être blasés de ça. C'est une façon de se protéger. Qu'est-ce qu'on ressent au moment de l'injection? C'est difficile à expliquer. Il y a comme un flash. Il y en a qui commencent à chercher par terre, il y en a qui deviennent paranos. Ça dépend vraiment des gens. C'est une montée quoi".

Une prise en charge sociale et sanitaire

L'intérêt d'une telle structure, c'est qu'elle permet une prise en charge sociale et sanitaire des usagers tout en diminuant les nuisances dans les lieux publics.

Sur place, d'autres consommateurs nous ont livré leur témoignage.

Je viens trois à quatre fois par jour

"J'ai pris un peu de tout" explique un usager. "De l'héroïne, de la cocaïne, de l'extasy, des speed, du crack. Je vais vous montrer comment on fait. On prend l'héroïne avec une palette, on la met sur l'aluminium, on prend le tube, on prend l'aluminium, et on roule comme ça en-dessous l'aluminium. Ça devient brun caramel, et on aspire la fumée. Ça a un goût amer. C'est mon train train quotidien. Je viens trois ou autre fois par jour. Cette salle, c'est très bien. On se fait moins contrôler par la police, on se fait moins agresser. On devrait en faire plus des salles comme ici, question de sécurité et de respect pour tous les gens qui sont dans la ville. Ne pas faire ça devant les enfants, même devant les adultes".

"Maintenant, ça empêche quand même d'imposer nos conneries aux gens, ce qui n'est déjà pas mal" témoigne Tony. "Je vais vous dire que je ne suis pas très fier de ce que je fais mais au moins maintenant je le fais dans des endroits politiquement corrects. C'est déjà bien".

Archives : Journal télévisé 02/09/2018

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