Réquisitoire clément contre une candidate huissier de justice sans scrupule

Le tribunal correctionnel de Liège a poursuivi, ce mercredi, le procès d'une petite bande d'escrocs. Le filon qu'ils ont exploité: la faiblesse des gens endettés. Une candidate huissier de justice a organisé un véritable système de faux documents, pour se payer grassement lors de saisies.

Le point de départ de cette histoire, c'est un huissier de justice surchargé: il doit récolter les impayés de la téléredevance, pour le compte de la Région Wallonne. Devant l'ampleur de la tâche, il délègue à une suppléante, une sorte de stagiaire, assermentée. Pendant six mois, elle saisit, et elle saisit à tour de bras. C'est que les pauvres, c'est une mine d'or. Ils finissent toujours par payer. Ils n'ont presque jamais les moyens de se plaindre d'abus...

La dame se fait donc accompagner presque toujours du même témoin, et du même serrurier. Les cadences sont infernales. Les journées ressemblent à une course contre la montre. Un bref coup de sonnette, et hop! Dès qu'un geste est posé pour ouvrir une porte, il est facturé. Il est même fréquemment surfacturé, au tarif d'un percement de blindage. Des frais sont gonflés. Des signatures de policiers sont imitées. Des actes officiels sont bidouillés. Cet argent arrive sur les comptes en banque d'une société fictive. Mais un tel "rendement", ça a fini par se voir.

Au tribunal, les comparses tentent de se rejeter les responsabilités les uns sur les autres. Le Procureur du Roi, dans son réquisitoire, s'est montré clément: il a réclamé un an de prison pour la principale prévenue, six mois pour les autres, et sursis pour tout le monde: c'est le fameux problème du "délai raisonnable": les faits datent de dix ans. De quoi, peut-être, éviter des sanctions vraiment lourdes, et en rapport avec la gravité des faits.

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