Que se passe-t-il à la tête de la Fabrique Nationale de Herstal ?

Astrid Pieron, nouvelle membre du conseil d'administration, partie émergée d'une vaste opération de remaniement
Astrid Pieron, nouvelle membre du conseil d'administration, partie émergée d'une vaste opération de remaniement - © Tous droits réservés

C’est une information passée presque inaperçue, à l’approche de l’année nouvelle : le conseil d’administration de la FN, qui aurait dû être renouvelé à la fin décembre, a choisi de se prolonger pour une durée de neuf mois apparemment, à deux exceptions près. Deux membres quittent leurs fonctions, dont l’ancien syndicaliste Louis Smal. Etiqueté démocrate humaniste, il aurait pu être remplacé par un écologiste.

La fabrique, en effet, a longtemps observé un équilibrage politique dans son organe de gestion, puisqu’elle appartient au gouvernement wallon. Mais son capital est désormais logé dans la société régionale d’investissement, et donc, légalement, elle n’est plus obligée de respecter une répartition proportionnelle.

Les verts ont donc été soigneusement tenus à l’écart des récentes décisions. Ce qui arrange tout le monde, finalement : les uns, socialistes et libéraux, de ne pas voir le loup pacifiste entrer dans la bergerie des ventes d’armes, toujours délicates; les autres de ne pas devoir se mouiller dans des licences d'exportations qu'ils réprouvent, moralement…

En définitive, sur les deux mandats à pourvoir, un seul a été attribué, à Astrid Pieron. Juriste et surtout fiscaliste de haut niveau auprès du bureau Meyer Brown, ancienne collaboratrice chez Deloitte, spécialiste de la bonne gouvernance auprès des autorités européennes, elle est très active au sein de l’Union Wallonne des Entreprises. Le second poste devrait revenir à une femme, histoire de commencer à se soucier de la parité des genres. Son nom n’a pas encore été dévoilé.

Retrait qui surprend

Mais cette arrivée, en deux temps, préfigure des changements plus en profondeur : l’administrateur délégué n’a pas souhaité rempiler pour une troisième mission de six ans. Il faut dire qu’il est arrivé à l’âge de la retraite. Mais l’annonce de son retrait a surpris tous les décideurs. Il a finalement accepté de poursuivre, à titre intérimaire, pendant le premier semestre de l’an prochain. Le temps de trouver un successeur, et d’assurer une transition. C’est du moins la version officielle.

Ce départ suscite des interrogations. Est-il vraiment provoqué par des simples considérations personnelles ? Faut-il s’attendre à des rebondissements dans l’enquête judiciaire sur d’éventuelles commissions et rétrocommissions occultes dans des contrats saoudiens ? L’homme aurait-il anticipé de douloureuses réorientations de la stratégie commerciale, au vu des problèmes sur le marché moyen-oriental ? Ou la question de ses émoluments, comme pour d'autres patrons d'organismes d'intérêt public, va-t-elle être posée ? 

La FN, qui s’attend à une année extrêmement compliquée, avec une prévision de chiffre d’affaires en berne a un urgent besoin de stabilité.

Les armes de la FN Herstal utilisées au Yemen: archives JT du 06/02/2019

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