Quand les Verviétois lavaient la laine au naphte, à la belle époque

C’est une technologie de pointe… des années mille neuf cents qui s’est remise à tourner ce samedi, dans l’ancienne usine du Solvent. Pompe à vide, compresseur, soufflerie à cylindre, ventilateur, au début du vingtième siècle, les industriels verviétois ont importé le procédé américain de dégraissage de la laine de mouton au naphte. Une sorte de révolution, en ce temps-là, comme l’explique Michel Mohring : "c’était tout nouveau : pas besoin de monter en température pour laver la laine à l’eau chaude et au savon ou à la soude ; ça donnait une laine de meilleure qualité, beaucoup plus blanche. Mais évidemment, avec le naphte qui est hautement inflammable, pas question d’utiliser l’électricité, pas question de risquer la moindre étincelle ; c’est pourquoi toutes les machines fonctionnaient à la vapeur."

Pas d’électricité dans l’usine, et dès lors, pas d’éclairage, avec des journées de travail forcément plus courtes en hiver qu’en été : "un travail minutieux, et dangereux, dans un enchevêtrement de tuyauteries, et de vannes actionnées manuellement : pour s’y retrouver, elles étaient peintes de seize couleurs différentes, selon la tâche à effectuer, et pourtant il n’y a pas eu d’accident…"

Une question de qualité de main d’oeuvre et de conscience professionnelle. Le lessivage au naphte a été depuis lors abandonné presque partout, parce qu’onéreux. Les témoins de ce passé ont recommencé à souffler et à grincer, pour de nombreux visiteurs au Solvent, ce samedi.

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