Coronavirus : la Wallonie veut décontaminer des masques jetables, et les premiers résultats sont positifs

Cet appareil proposé par LASEA et Aseptic Technologies utilise une source UV-C continue. Un masque est traité en moins de deux minutes.
Cet appareil proposé par LASEA et Aseptic Technologies utilise une source UV-C continue. Un masque est traité en moins de deux minutes. - © RTBF - Martial Giot

En plus de vouloir mettre en place une filière de production de masques, la Wallonie a lancé l’élaboration d’un protocole scientifique de décontamination des masques chirurgicaux et FFP2.

Il est coordonné par l’Université de Liège. Il associe trois entreprises et deux centres de recherches. Six méthodes de traitement sont testées en parallèle.

Des technologies et des stratégies différentes pour des infrastructures différentes

Willy Borsus, le ministre wallon de l’économie, explique : "On doit vraiment pouvoir disposer rapidement des masques, rapidement et de façon sécurisée scientifiquement. Et donc, cette course contre la montre passe par une idée assez simple qui est le fait de pouvoir réutiliser deux fois, trois fois peut-être, peut-être même plus son propre masque dès l’instant où il a été décontaminé d’une façon évidemment qui est certifiée en termes de santé publique et aussi dès le moment où les qualités du masque ne sont pas altérées par les traitements. On met sur la table plusieurs possibilités. Puis on va tester chacune de ces possibilités. Et plusieurs d’entre elles vont pouvoir aboutir dans des conditions de rapidité acceptable et bien sûr dans des conditions techniques, technologiques et financières qui le soit tout autant."


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Le professeur Eric Haubruge de l’Université de Liège précise : "Il faut développer des stratégies différentes en fonction des infrastructures de soins. Un hôpital dispose déjà de matériaux, une maison de repos n’a peut-être pas de matériel, mais peut peut-être accueillir un dispositif plus petit. Donc on est venu avec six dispositifs qui offrent ces possibilités de s’adapter au terrain."

Maintenir la qualité d’origine des masques

LASEA, une société liégeoise spécialisée en applications laser, a proposé deux des techniques testées. Axel Kupisiewicz est son directeur : "Ce sont deux technologies basées sur les UV : une technologique qui est plus continue et une technologie qui est le laser impulsionnel. La technologie laser, on la fait en collaboration avec la société OPTEC à Mons et la technologie plutôt continue on la fait avec Aseptic Technologies qui est à Gembloux. Les UV-C sont connus pour l’effet germicide. Donc on tue la plupart des germes. Ici, on irradie les masques avec une grosse dose d’UV de manière sécurisée, avec un temps qui est défini pour tuer un million de fois tout ce qui est germes et virus et bien sûr garder les propriétés de filtration du masque. Les tests de filtration ont montré qu’il n’y avait pas de détérioration des propriétés de filtration du masque. Donc c’était déjà un gros point et le deuxième, sur la partie germicide, avec l’Institut Pasteur, on a pu démontrer qu’on avait de très hauts taux d’abattement jusqu’à un million de fois. Le dernier test, c’est la semaine prochaine, sur le covid. Là, on est assez optimistes, parce que d’habitude les virus sont plus faciles à détruire que les bactéries."

En fait, c’est l’ensemble des premiers résultats des tests effectués sur les différents dispositifs qui est très encourageant, comme le confirme le professeur Eric Haubruge : "Après un traitement, donc un cycle de décontamination, les méthodes testées, qui sont le traitement par UV, la chaleur sèche, ce qu’on appelle une méthode de surface de plasma mais également le peroxyde d’hydrogène, ces méthodes respectent l’intégrité et la performance du masque et diminuent la charge microbienne ce que nous devons continuer à faire, c’est bien étudier le comportement des micro-organismes sur ces masques en fonction des traitements, répéter les traitements sur les mêmes masques pour voir jusqu’à combien de cycles on peut aller pour maintenir l’efficacité du masque. Il y a déjà des méthodes qui peuvent être appliquées très rapidement. D’ici la fin de la semaine, on peut avoir un protocole à proposer à l’Agence fédérale des médicaments."

Répondre à l’urgence tout en pensant à plus long terme

Le ministre wallon de l’économie, Willy Borsus, pointe encore : "Notre motivation première, c’est l’urgence, mais, en même temps, nous nous sommes dit que ces processus-là pourraient aussi être utilisés ultérieurement, moyennant adaptation bien sûr, pour la décontamination de masques ou peut-être d’autres produits par rapport à d’autres virus, par rapport à d’autres maladies. Et puis, il y a une dimension 'solidarité' : on sait combien d’autres parties du monde ont beaucoup moins de moyens que nous en Europe ou dans les pays occidentaux. Donc le fait de pouvoir mettre à disposition ce type d’équipements pour des pays émergents par exemple leur permettra aussi de lutter chez eux contre les maladies et de donner à leurs professionnels de la santé des équipements certifiés et aussi décontaminés."

 

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