Propos racistes à JD Sports : la manageuse entendue par la police

La manageuse du JD sports de la Médiacité à Liège a été interpellée ce matin. Privée de liberté, elle a été entendue durant plus de 3 heures par les inspecteurs de la police judiciaire. La manageuse est soupçonnée d’avoir tenu des propos racistes à l’encontre de plusieurs de ses employés suite à la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.

Ce matin, la police est venue la chercher à son domicile. Une procédure peu habituelle qui dérange son avocat, Maître Philippe Zévenne : " J'ai été surpris. Ce matin, alors que je suis au téléphone avec elle, elle m’annonce que la police est en bas de son immeuble pour venir l’arrêter. En général, pour ce type de délit, on convoque les personnes, on leur dit qu’ils peuvent consulter un avocat avant de se présenter à l’audition. Ici on est venu l’arrêter et on l’a privée de liberté ". La visite des policiers est en général réservée aux personnes potentiellement dangereuses.

Une intervention que le parquet justifie. Mardi soir, des magasins de la chaîne avaient été pillés, le parquet a voulu agir vite pour apaiser un contexte très tendu explique la porte-parole du parquet de Liège, Catherine Collignon : " Si on veut entendre une personne rapidement, il faut agir de la sorte. Sinon, la procédure est plus longue et peut prendre jusqu’à 10 jours ". La responsable du magasin a été entendue plusieurs heures avant de retrouver sa liberté peu après 16h.

La pression des réseaux sociaux

L’avocat de la manageuse juge la situation aberrante et inquiétante : " J’ai d’abord été choqué par le lynchage médiatique dont elle a été l’objet sur les réseaux sociaux puis dans les médias ordinaires " commente Philippe Zévenne. Et l’avocat de poursuivre : " Je peux comprendre l’envie du parquet de vite boucler cette affaire. Mais, effectivement, je pense que tout le monde a cédé à la pression des réseaux sociaux qui montrent bel et bien leur influence ".

Suite à la diffusion de la vidéo, la jeune femme a été licenciée par son employeur. Dans le même temps, Unia, le service public interfédéral expert en politique d’égalité et de non-discrimination, et le parquet de Liège ont ouvert chacun un dossier.

Autre réaction, celle bourgmestre de Liège, Willy Demeyer. Suite aux pillages de mardi soir, il a tenu à s’exprimer via communiqué ce vendredi matin. Il y lance un appel au calme et à la dignité : " Adopter un comportement délictueux ne plaide pas pour la cause de la tolérance et de la multiculturalité dont Liège peut se vanter d’être un ardent défenseur " dit le bourgmestre.

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