Projet de zone réservée à la prostitution: les associations se méfient

Délocaliser la prostitution de rue comporte des risques
Délocaliser la prostitution de rue comporte des risques - © espaceP

C'est une idée lancée par le bourgmestre de Liège: créer une zone P, une zone géographique, délimitée, où la prostitution serait tolérée. Par contre, en dehors, plus question de raccolage. L'objectif est de lutter contre la prostitution en rue et ses nuisances dans le quartier Cathédrale nord notamment.

La zone n'est pas encore définie, le bourgmestre promet un accompagnement social, un encadrement par des travailleurs sociaux, un peu à la manière de ce qui se fait depuis quelques mois pour les drogués du côté de la salle de consommation sécurisée .

Sans concertation

Du côté des associations de quartier, on se méfie de ce genre d'idée. On regrette aussi l'absence de toute concertation: " Espace P n'a pas été consultée par rapport à cette question et je ne pense pas que les autres associations de terrain l'aient été", explique Quentin Deltour, le chargé de communication de l'association de défense des prostituées, "mais c'est comme cela qu'a toujours fonctionné le bourgmestre. Lorsqu'il y a près de 10 ans, il a décidé la fermeture des salons, des vitrines dans le quartier Cathédrale nord , c'était sans consultation évidemment".

Gentrification du quartier

Espace P dénonce avant tout une volonté confirmée de gentrification du quartier avec d'importants investissements immobiliers. L'association n'hésite pas à parler " de volonté de nettoyage " du quartier: " Il va falloir trouver un équilibre délicat entre les intérêts des personnes qui se prostituent et les souhaits de nettoyage du quartier. On voit que l'ambition première est de dégager les filles du quartier. On espère que derrière tout cela il y aura quand même un accompagnement social qui tient la route évidemment", ajoute Quentin Deltour.

Ce que redoute l'association, c'est que l'on "cache" les travailleurs du sexe loin du centre avec ce que cela peut engendrer comme risques accrus en matière d'hygiène mais également de sécurité. Et Espace P de pointer du doigt l'expérience carolo où on a délocalisé la prostitution de rue du centrre vers le ring avec des conséqunces désastreuses.

La réaction du bourgmestre

Dans un communiqué de presse diffusé ce jeudi, le bourgmestre de Liège rappelle que ldossier déjà été étudié à Liège en 1994-1995 a fait l’objet d’une réactualisation en 2016-2017. Un groupe  de travail intersectoriel a refait le point, poursuit Willy Demeyer,  après l’abandon du projet d’Eros Center qui avait été envisagé suite à la fermeture des salons de prostitution en 2008Le groupe de travail qui m’a remis son rapport en mars 2017 a bien entendu consulté l’ensemble des intervenants concernés par la problématique de la prostitution dont les associations ICAR et Espace P.

Le Bourgmestre s'étonne de la réaction  M. Quentin Deltour, chargé de communication d’Espace P, qui déplorait un manque de consultation dans ce dossier. Il ajoute que le dossier sera à l'ordre du jour du prochain conseil zonal de sécurité et que des rencontres auront lieu ensuite avec le secteur associatif. 

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK