Procès Valentin Vermeesch : "Nous avons la conviction que tout n'est pas perdu" pour Belinda Donnay

Belinda Donnay "a commis l'irréparable, c'est vrai. Peut-on en déduire pour autant que c'est le diable incarné? Qu'il n'y a rien de bon en elle? Nous avons la conviction que tout n'est pas perdu et qu'elle peut encore apporter quelque chose à la société", a plaidé lundi après-midi son avocat, Me Steve Van Laenen. "Une peine inférieure à 25 ans n'est pas acceptable. Entre 25 et 29 ans, cela laisse un espoir et une possibilité de reconstruction", a conclu son confrère, Me Jean-Dominique Franchimont. L'avocat général a requis lundi matin devant la cour d'assises de Liège la perpétuité à l'encontre de Belinda Donnay (22 ans), reconnue au même titre que quatre autres accusés coupable de l'assassinat de Valentin Vermeesch.

"Elle sent encore sur ses épaules chacun des motifs mis en lumière par le verdict de culpabilité. Elle perçoit la gravité des faits", a d'emblée déclaré Me Van Laenen. Selon lui, la peine infligée à sa cliente doit être proportionnelle aux faits, "avoir du sens, être adaptée à sa personnalité et tenir compte de son état au moment des faits mais également de son état actuel".

Les avocats de Belinda Donnay ont insisté sur le contexte familial dans lequel a évolué leur cliente, avec des parents très jeunes qui se séparent lorsqu'elle n'a pas encore un an. "A 16 ans, elle avait déjà connu six déménagements", a rappelé Me Van Laenen. Son père, qui a témoigné lors du procès et était présent dans la salle d'audience lundi, a déclaré: "j'ai fait une erreur", a ensuite relevé Me Franchimont. "Il dit que Belinda a développé une jalousie par rapport à la fille de sa nouvelle compagne, et que c'est peut-être de sa faute." Quant à la mère de l'accusée, "je ne vous dirai pas le dégoût que j'en ai. Une mère qui ne sait même pas venir défendre sa fille!"

Il y a donc bel et bien, pour la défense, des circonstances atténuantes dans le chef de Belinda Donnay, parmi lesquels le parcours de vie atypique, son jeune âge et l'absence d'antécédent judiciaire.

"Je vous demande ne ne pas balayer du revers de la main les 18 premières années de sa vie, durant lesquelles elle a fait le bien. Ce serait injuste. Nous savons qu'elle n'est pas perdue", a plaidé Me Franchimont.

Selon le conseil de Belinda Donnay, l'avocat général Pascale Schils s'est montrée dans son réquisitoire "particulièrement dure". "Pour quelqu'un qui n'a pas d'antécédent, on vous dit qu'il n'y pas d'espoir pour elle. Mme l'avocat général, je suis en colère contre vous, parce que ça me semble injuste!"

Il a également cité aux jurés des éléments importants à retenir. "Un, elle n'est pas psychopathe. Deux, elle n'a pas de pulsions sadiques. Trois, sa dangerosité", a-t-il ajouté, citant des experts selon lesquels "le risque de récidive et de dangerosité est faible, et ce malgré les faits reprochés".

"Cette fille est récupérable. Elle n'a pas attendu de vous voir pour se ressaisir. Elle suit des cours de couture. Elle a repris des cours de comptabilité et d'économie et elle a réussi sa formation de mathématiques." Pour Me Franchimont, "on doit avoir confiance et espérance. Quelle que soit la gravité des faits, on essaie de trouver la juste peine pour que quelqu'un puisse se reconstruire. Sans ça, il n'y a pas de justice. Il ne faut pas ignorer ce qu'elle a commis. Mais il faut pouvoir donner à cette petite la chance d'exister par elle-même et surtout en mieux."

"Une peine inférieure à 25 ans n'est pas acceptable. Entre 25 et 29 ans, cela laisse un espoir et une possibilité de reconstruction", ont conclu les avocats.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK