Procès Leopold : l'audition floue et presqu'incompréhensible du propriétaire

Procès Leopold : audition floue et presqu'incompréhensible du propriétaire
Procès Leopold : audition floue et presqu'incompréhensible du propriétaire - © RTBF - François Braibant

Deuxième journée du procès Léopold à Liège. L'explosion d'une maison avait tué quatorze personnes fin janvier 2010. Ce mardi matin le tribunal a entendu le témoignage du propriétaire de la maison.

Presqu'incompréhensible

Ce propriétaire parle très mal français et est difficile à comprendre. Il est assisté d'un interprète français-turc qu'il utilise peu. Ca renforce l'impression de flou qui se dégage de son discours.

Très peu de questions ont reçu une réponse claire. Par où passaient les tuyauteries de gaz ? Impossible de le dire en écoutant son témoignage. Mais il conteste la version des experts : il n'y avait pas de tuyaux dans le faux-plafond du rez-de-chaussée, là où le gaz s'est accumulé.

Il bricole le gaz

A-t-il bricolé lui-même l'installation ? Le propriétaire est bricoleur. La présidente arrive à lui faire dire qu'il a installé le raccordement des quatrième et cinquième étage avec quelqu'un, qui vient d'Allemagne, et qu'il n'identifie pas.

Lui est-il arrivé de couper le gaz à un locataire qui ne le payait pas ? Une seule fois. Ce n'est pas lui, jure-t-il, qui a placé un faux scellé sur un compteur. Et il conteste qu'un tuyau supplémentaire en cuivre ait été placé par lui sur ce compteur.

Ce propriétaire a déjà été condamné comme marchand de sommeil. Il a aussi été pris dans une voiture non immatriculée et techniquement pas en ordre. Les parties civiles ont l'impression que le flou de ses réponses  est délibéré et dissimule la vérité. 

Les employés du service de salubrité estiment avoir bien travaillé

Après le propriétaire du numéro 18, le tribunal a entendu deux employés du service de sécurité et de salubrité de la Ville de Liège. L'immeuble litigieux était déjà passé dans leurs radars. 

La maison avait été visitée, plusieurs fois. Il avait été demandé au propriétaire de réaliser des travaux pour rendre son immeuble conforme. Mais le fameux faux-plafond n'avait jamais été ouvert. C'était impossible a expliqué le prévenu, employé de ce service. Ce plafond était constitué de plaques de plâtre vissées à plus de trois mètres de haut. L'employé a expliqué gérer 500 dossiers d'habitation par an. Sa cheffe de service, elle aussi sur le banc des prévenus, a estimé que son subordonné avait correctement travaillé.

Ce n'est pas l'avis de l'avocat Michel Reynaerts. Il défend une jeune fille mineure qui a perdu sa mère dans la catastrophe. A l'audience ce mardi, il a cité un rapport du même service, rapport qui avait servi à condamner le même propriétaire comme marchand de sommeil.

Un taudis sale et dangereux

A l'entendre, cette maison était un taudis sale et dangereux et le service de sécurité et de salubrité était au courant : "absence d'agréation pour les installations de gaz, absence de conformité pour l'installation électrique, défaut de ventilation pour les locaux disposant d'appareils alimentés au gaz, problèmes d'humidité, mauvais état général des sanitaires, des murs, des plafonds, des planchers, des menuiseries extérieures, absence de dispositif de lutte contre l'incendie, manquements de l'installation de gaz, notamment des tuyaux mal fixés. Et tout ça, le service de sécurité et de salubrité le savait."

Pour l'avocat, il y a une faute de la part de ce service. Dans une autre commune conclut-t-il, pour moins que ça, l'immeuble aurait été déclaré inhabitable. 

Extrait de notre 13h de ce mardi 8 septembre:

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