Prison de Lantin: le comité de surveillance dénonce une surpopulation record à 142%

Une surpopulation de 42% de détenus, c'est le nouveau triste record atteint à la prison de Lantin début avril. 987 personnes y sont incarcérées pour 694 places. Cette surpopulation explose même à 72% à la maison d'arrêt où 3/4 des personnes enfermées sont en détention préventive. Avec aujourd'hui 587 détenus, la maison d'arrêt a augmenté de 100 détenus en 3 mois. C'est là que la situation est la plus grave. Face à ces chiffres communiqués par la direction de la prison, la commission de surveillance de Lantin tire la sonnette d'alarme. Selon elle, Lantin ne peut plus absorber la surpopulation des autres prisons suite à des condamnations par la Justice (Saint-Gilles, Forest) ou à des arrêtés communaux comme à Mons. Pour rappel, en octobre dernier, l'Etat belge a déjà été condamné pour la surpopulation constatée à la prison de Lantin.

Conséquence: hausse de la violence, montée de l’absentéisme des agents... 

Hausse de la violence, visites encombrées, montée de l’absentéisme des agents avec un taux record de 13 à 16% à la maison d'arrêt... Les conséquences de la surpopulation sont nombreuses. Luc Daele, le président du comité de surveillance de Lantin dénonce une augmentation de la tension au sein de la prison "aussi bien au niveau des détenus qui n'ont pas toujours ce qu'ils seraient en droit d'attendre au niveau par exemple, des préaux, des visites ou des activités et une tension au niveau des agents qui se trouvent dans une situation très difficile à assumer par exemple pour répartir les duos ou les trios dans les cellules ou assurer les déplacements de détenus à l'intérieur de l'établissement". 

Il faut diminuer l'inflation carcérale selon le comité

Dans l'immédiat, le comité de vigilance demande aux parquets et aux juges d'instruction de diminuer la délivrance de mandats d'arrêt . Aux directions, il demande d'assouplir les transferts vers des établissements semi-ouverts ou vers Ittre et Andenne et au Tribunal d'application des peines, d'être moins restrictif en matière de libérations conditionnelles. A plus long terme, le comité interpelle le futur gouvernement pour que la Belgique décide enfin d'une politique déflationniste, réductionniste par rapport à l'emprisonnement. "D'autres pays l'ont appliquée et on constate que la criminalité non seulement n'y augmente pas mais diminue", précise encore le comité de surveillance.   

 

   

 


 

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