Prison, amende et déchéance du permis pour le chirurgien qui a tué un supporter du Standard

L'ancien champion de tennis de table, Christophe Closset, avait été fauché par la voiture du chirurgien
L'ancien champion de tennis de table, Christophe Closset, avait été fauché par la voiture du chirurgien - © Tous droits réservés

Le chirurgien liégeois qui avait causé la mort par accident de l'ancien champion de tennis de table verviétois Christophe Closset le 19 août 2017 a été condamné mardi par le tribunal de police de Liège à 24 mois de prison (dont 18 avec sursis probatoire durant 5 ans), 1 000 euros d'amende et un an de retrait de permis (dont 9 mois avec sursis probatoire durant 5 ans). Il devra aussi repasser les quatre examens du permis de conduire (théorique, pratique, médical et psychologique).

Parmi les conditions du sursis figure le fait de ne plus conduire sous l'influence de l'alcool, de poursuivre le suivi psychologique qu'il a entamé et de suivre une formation auprès de l'Institut Vias sur la conscientisation de la conduite en état d'ébriété et en excès de vitesse. Précisons que lors de l'accident, aucun excès de vitesse n'a été constaté.

Une nouvelle audience a été fixée au 24 avril afin d'entamer les débats portant sur l'indemnisation au civil de la famille de la victime.

L'auteur des faits avait passé la soirée précédant l'accident dans les loges du Standard de Liège, où il avait consommé de l'alcool en suffisance pour avoir (au moment de l'accident) 2,25 grammes d'alcool dans le sang. Il avait quand même repris sa voiture et avait manipulé son téléphone portable à cinq reprises durant les cinq minutes entre le moment de la reprise du véhicule et l'accident. Le tribunal n'a toutefois pas exclu que ces manipulations aient pu s'opérer par commande vocale. Cinq minutes après son départ, son véhicule avait quitté sa trajectoire, traversé les deux bandes de circulation situées à sa gauche et percuté Christophe Closset, supporter du Standard revenant lui aussi du match mais qui avait fait le choix de ne pas reprendre son véhicule et de rentrer en train. Le tribunal a également souligné qu'immédiatement après l'accident, le chirurgien avait tenté de porter les premiers secours à la victime, mais aussi qu'après quelques heures passées au poste de police, il s'était notamment montré hautain. Le grande fatigue de l'auteur des faits au moment de l'accident, après une longue garde  mais aussi deux condamnations antérieures relativement anciennes pour d'autres faits de roulage ont aussi été relevées dans le jugement.

Un jugement qui satisfait la famille de la victime, à commencer par son frère, Marc Closset : "Je pense que le jugement est correct. J'espérais qu'il y ait de la prison ferme, et d'un autre côté on sait très bien que ça ne va pas nous rendre mon petit frère. Quand je l'ai vu pleurer dans sa famille, ça ne sera rien en comparaison de ce que ma maman et moi vivons, mais j'ai vu que ça lui faisait mal. Je dois encore regarder mais je pense que c'est un bon jugement".

L'avocat du chirurgien, Maître Jean-Louis Gilissen, s'est lui aussi dit satisfait à l'issue de l'audience : "Ce sont des faits dramatiques et il est logique qu'il y ait une sanction sévère. Mais il y a dans cette décision-ci la prise en compte de tout un ensemble d'éléments qui font que, si les faits sont dramatiques, c'est surtout un vrai drame pour tout le monde. Mon client accepte évidemment le jugement". Il n'y aura donc pas d'appel.

 

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