Pourquoi une peine si lourde pour les amants du bus 68?

De la prison ferme pour avoir eu des rapports sexuels dans un bus bondé en mars 2015, c'est la peine dont écope un couple de Liégeois pour avoir choqué de nombreux passagers du bus de la ligne 68. Dix et sept mois de prison, ce sont des peines qui, bien que les faits soient graves, peuvent sembler très lourdes. 

Catherine Collignon, premier substitut du procureur du Roi de Liège, explique: "Ce sont des faits extrêmement graves qui ont été commis en public, dans un endroit public, vis-à-vis de mineurs, de personnes plus âgées, qui ont été fortement choquées. Donc, je ne suis absolument pas surprise de la peine." 

Ils peuvent introduire des recours...

Françoise Diverse, présidente du tribunal de première instance de Liège ajoute: "Sur les réseaux sociaux, on ne peut parler des faits que par rapport à ce qui est rapporté par la presse, ce n'est pas le dossier. C'est le juge qui connaît le dossier et qui apprécie la peine à prononcer. Et peut-être que si les personnes ne se sont pas présentées, elles peuvent dans ce cas introduire des recours contre la décision, faire opposition pour être rejugé par le même juge ou faire appel pour être jugé par la Cour d'appel et alors invoquer leur défense."

Les prévenus ne se sont en effet pas présentés au tribunal pour se défendre. Une absence qui explique sans doute la lourde peine. Me Sandra Berbuto, avocate, explique: "Les personnes n'étaient pas là pour s'expliquer, c'est pour ça qu'on dit que c'est un jugement par défaut. Et comme elles ne se sont pas expliquées, le juge prend en son âme et conscience, selon ce qu'il voit dans le dossier répressif, la peine qui lui paraît la plus juste. Mais, il est vrai qu'on constate que, lorsque les personnes ne sont pas présentes pour expliquer la situation, pour parler de leur situation, les peines sont généralement plus fermes."

La prison, la meilleure solution ?

Sachant que les prisons sont surpeuplées, sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes ont eu du mal à comprendre le jugement. Me Sandra Berbuto les comprend: "Pour moi, la peine de prison est rarement une réponse à une situation, même si c'est une situation où on ne respecte pas la loi. Maintenant, quand la personne reviendra devant le tribunal, le juge aura la possibilité, soit de l'acquitter mais aussi de lui accorder des mesures de faveur, des mesures de faveur qui sont difficiles à donner lorsque la personne n'est pas présente pour expliquer dans quelle situation elle est."

Les prévenus pourront donc faire opposition au jugement. Il faudra alors recommencer la procédure. Les jugements par défaut sont donc un coût important pour la justice.

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