Pourquoi les assassins présumés de Valentin Vermeesch ont droit à un procès équitable

"Ne pas les juger ! Leur faire subir la même chose !" Le début du procès des assassins présumés de Valentin Vermeesch a suscité pas mal de commentaires sur notre page Facebook. Des commentaires souvent très durs sur une justice pas assez sévère, selon ces internautes.

L'émotion de nos auditeurs et de nos lecteurs est, disons-le, légitime. Quand on lit l'acte d'accusation, on se rend vraiment compte de l'horreur des sévices qui ont été infligés au jeune Valentin. Des sévices épouvantables que la plus élémentaire décence nous empêche de détailler ici.

Un des commentaires de nos lecteurs, c'est "ne pas les juger, peloton d'exécution". Mais pourquoi justement ne va-t-on pas faire ça?

Imaginez. Vous en avez marre de votre patron. Vous le dites. Une semaine après, le patron est retrouvé. Mort. Vous n'avez rien à voir avec ça, mais des collègues vous accusent. Ils vous attrapent, vous frappent pour vous faire avouer, puis vous pendent. Pas de procès, c'est ça : la loi du far-west. L'Etat de droit, c'est ne pas voir d'innocents pendus aux arbres. Chacun a droit à un procès et à un avocat. Pas pour protéger des coupables, mais pour protéger des innocents qu'on pourrait accuser à tort.

Autre commentaire des internautes: "Pas de circonstances atténuantes!" On ne va pas le décider AVANT le procès. On ne va pas créer "comme ça" une catégorie spéciale d'accusés sans droit aux circonstances atténuantes. Ce serait injuste. On doit juger tout le monde de la même manière. Et les jurés décident d'accorder - ou de ne pas accorder - les circonstances atténuantes.

On a aussi lu: "faites-leur la même chose". Ça, ça s'appelle la loi du talion. Nous n'en sommes plus là. Et franchement, répéter les tortures sadiques infligées à Valentin, ce serait encore plus dégradant ... pour le bourreau lui-même.

Reste le débat sur la peine de mort. "Une corde et c'est fini". Ça aussi, on a pu le lire sur notre page. En Belgique, ça fait ... 101 ans qu'on n'a plus exécuté de meurtrier. On a le droit de penser autrement, mais la peine de mort, c'est un débat qui est infini et, soyons clairs, on ne va pas réintroduire la peine capitale pour les assassins présumés de Valentin. Autant le savoir. Mais, nous le répétons: l'indignation de nos auditeurs et de nos lecteurs, elle, elle est légitime.

Rappelons que le procès devrait durer 5 semaines.

Le procès s'ouvre ce lundi à la cour d'assises de Liège (extrait de notre JT 13h)

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