Pourquoi l'Université de Maastricht attire-t-elle autant d'étudiants belges?

Les Belges sont de plus en plus nombreux à partir étudier à l'étranger. Que ce soit pour la qualité de l'enseignement, la renommée de l'université ou encore la langue dans laquelle les cours sont donnés. Et parmi les universités qui rencontrent le plus de succès, il y a celle de Maastricht située à une cinquantaine de kilomètres seulement de la frontière belge. Ils sont actuellement près de 600 Belges, un chiffre qui a doublé en moins de 5 ans. 

Nous avons suivi un cours à l'Université de Maastricht intitulé "Méthode quantitative". Autour de la table, ils sont une dizaine d'étudiants en business international. Ici, pas de professeur qui donne une leçon magistrale, mais bien une élève de deuxième qui supervise le travail des étudiants pour les aider à résoudre différents problèmes. Le tout uniquement en anglais. Parmi eux, il y a Emilie Nicolet. Cette liégeoise a débarqué à Maastricht il y a quelques semaines à peine. Elle a été séduite par ce système d'enseignement unique en Europe. "On peut aller regarder à l'avance les tâches qui nous sont dues, par exemple pour aujourd'hui, je savais que je devais lire tel chapitre et faire tel exercice. Donc, on doit arriver en classe avec des exercices préparés et la matière doit être vue.  Si on n'a pas vu les exercices, si on n'a pas étudié la théorie, si on ne comprend rien, on va arriver en classe, on sera perdu", explique Emilie. 

Cours en anglais et petites classes

Emilie Nicolet n'a bien souvent qu'un seul cours par jour. Le reste du temps, elle doit se rendre en bibliothèque pour effectuer des recherches et des travaux.  Pas question donc d'attendre le blocus pour se plonger dans des syllabus. Ce système lui correspond mieux. "Tous les cours sont donnés en anglais. Et le fait qu'on soit par petite classe et non dans des amphithéâtres de 600 ou 700 élèves, c'est beaucoup plus facile pour se concentrer, pour poser des questions.  On peut parler avec nos amis, avec nos camarades de classe, on interagit tout le temps les uns avec les autres".

Retenir sur le plus long terme

Cet enseignement a été développé au Canada et selon plusieurs études scientifiques, il permettrait aux étudiants de retenir les apprentissages sur le plus long terme. C'est aussi ce qu'a remarqué Laurence de Nijs, professeur spécialisée en maladie génétique.
Elle a débarqué à Maastricht il y a 4 ans après avoir effectué un doctorat en Belgique. "Je pense que ça permet d'avoir des gens qui sont peut-être plus rapidement fonctionnels dans le domaine du travail. Quand les étudiants arrivent au laboratoire, je trouve qu'ils sont déjà beaucoup mieux formés et beaucoup plus aptes à travailler plus rapidement. Je pense aussi que ça permet aux gens de retenir plus longtemps les choses et d'apprendre à mieux réfléchir sur quelque chose". 

En tant que tuteur, Laurence de Nijs a cependant noté que l'apprentissage basé sur des problèmes comportait quelques limites: "On ne sait pas toujours ce que l'étudiant a appris. On les guide, il y a certaines lignes directrices mais on ne sait pas.  Certains étudiants sont probablement allés rechercher beaucoup plus d'informations et ont appris plus en profondeur que d'autres. C'est différent par rapport à l'enseignement en Belgique où vous avez le syllabus et vous devez savoir ce qu'il y a dans le syllabus, c'est vraiment très encadré".

Maastricht est une université internationale

Lors de sa création, Maastricht devait se démarquer des autres universités déjà implantées dans le pays.  Elle a donc fait le choix d'une méthode d'enseignement différente et en anglais. Pour survivre financièrement, elle devait également attirer des étudiants étrangers. 41 ans après sa création, le pari semble plutôt réussi, explique Sophie Vanhoonacker, doyenne de la faculté des arts et des sciences sociales à l'Université de Maastricht: "On est une université internationale et je crois que c'est aussi pour cette raison-là que pas mal de Belges viennent ici. Ils peuvent avoir une expérience internationale à côté de la porte. Et dans ma faculté par exemple, on a plus de 60 nationalités, ils viennent surtout de l'Europe mais on a de plus en plus d'étudiants qui viennent des Etats-Unis, du Canada, d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie".

Maastricht fait aujourd'hui partie du top 10 mondial des universités créées il y a moins de 50 ans. Mentionner un diplôme obtenu à Maastricht serait donc aujourd'hui un plus sur un CV. Laureen Missaire vient tout juste d'obtenir son master en développement durable. Elle n'est pas trop inquiète pour ses recherches d'emploi: "L'école est très bien réputée au niveau international. Dans ma recherche de travail, je vois bien que les gens qui sont sortis de l'Université ont déjà du travail. Quand je recherche des entreprises sur LinkedIn ou ailleurs, je vois que les gens de Maastricht ont du travail. Donc, je pense que ça ira pour moi pour trouver du boulot".

Reportage dans notre JT de 19h30 du lundi 30 octobre:

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