Pour se diversifier, des agriculteurs se lancent dans la production de vin

A Wanze, au volant de son tracteur, Charles-Edouard Jolly est surexcité. Dans quelques minutes, les premiers pieds de vignes bio de l'exploitation familiale vont être plantés: "Ça fait deux ans qu'on travaille sur le projet du vignoble de la Ferme du Val Notre-Dame, ça fait deux ans qu'on l'étudie, ça fait deux ans qu'on est guidés par cette volonté de produire un vin de très grande qualité. Aujourd'hui, c'est le grand jour, on va planter les premiers plans de vignes qui, dans quelques années, produiront du vin rouge et du vin blanc".

Des parcelles minutieusement choisies

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Charles-Edouard Jolly (au centre de la photo) bénéficie des conseils de Martina Widmer et de Nicolas Parmentier. © RTBF - Marc Mélon

Martina Widmer et Nicolas Parmentier se sont spécialisés dans la création, l'accompagnement et la gestion de vignobles. Neuf hectares et demi de vignes sont répartis sur sept parcelles qui ont été choisies minutieusement. Nicolas Parmentier: "On est sur une exploitation agricole qui fait de la grande culture. Le défi, c'était donc de savoir si on avait une qualité de sol qui permettait de faire pousser de la vigne. Pour ça, on cherche l'inverse de ce qu'on cherche habituellement, c'est-à-dire qu'on va chercher des cailloux, on va chercher des sols qui vont être drainants, et on va chercher des sols qui vont restituer de la minéralité, de la profondeur au vin. C'est ce qu'on appelle des veines. Nous sommes, un peu comme des chercheurs d'or, à la recherche de ces veines".

Il y a du travail. Il faut profiter du soleil pour mettre en terre 52.000 pieds. Les distances entre les plants sont scrupuleusement respectées. Martina Widmer: "Dans la vigne, on craint des maladies fongiques, mildiou et oïdium, qui sont des champignons. Et pour éviter qu'ils s'installent, on fait tout sur la parcelle pour éviter un micro-climat humide. Donc on espace les vignes toujours de la même façon pour que le vent puisse circuler correctement. Et on a orienté les rangs dans le sens du vent pour que le vent puisse circuler et sécher naturellement la vigne. On aura donc beaucoup moins besoin de traiter et de faire face à ces problématiques-là".

La famille Jolly devra être patiente avant de goûter les vins: "On récoltera les premiers raisins dans trois ans" explique Charles-Edouard Jolly. "On sortira donc les premières bouteilles de vin dans quatre ans. C'est beaucoup de travail parce que ce sont les premières années que la conduite de la vigne est la plus importante, c'est là qu'on guide la vigne pour lui amener la taille que l'on veut, et après, c'est un autre travail qui commence pour récolter les raisins".

Avec le vin, on fait vraiment tout le cheminement

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Il y a 5 ans, à Fumal, près de Braives, la famille du Fontbare s'est aussi lancée dans la production de vin. © RTBF - Marc Mélon

Il y a 5 ans, à Fumal, près de Braives, la famille du Fontbare s'est aussi lancée dans la production de vin. Et si c'était à refaire? "Je le referai plus tôt" répond François-Hubert du Fontbare, "parce que c'est extrêmement motivant d'aller vers le consommateur. Ce qu'on fait en général, en grande culture, dans une ferme, c'est livrer des tonnes de céréales, des tonnes de betteraves, des tonnes de petits pois, mais on ne voit jamais le consommateur final, et on fait un produit qui reste encore très brut. Mais ici, on fait vraiment tout le cheminement, du raisin jusqu'à la bouteille, et puis on voit le sourire, ou pas, du consommateur. Et ça, c'est extrêmement motivant".

Les  agriculteurs qui misent sur le vin ont de beaux jours devant eux avec le changement climatique que nous connaissons.

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