Pour Alain Mathot, les accusations de corruption tiennent du "mauvais roman"

C’est du moins ce qu’il a affirmé, ce jeudi, au long de trois heures d’audience, debout devant le banc des prévenus, debout devant les trois magistrats du tribunal correctionnel. Il s’est attaché à démonter les propos de son principal accusateur, Philippe Leroy, l’ancien directeur général du groupe Innova, qui a décroché le marché de l’incinérateur à ordure de l’intercommunal Intradel. Dans ses dépositions, il affirme qu’il a remis près de trois quarts de millions à Alain Mathot, en liquide, au cours de rencontres dans un hôtel parisien. L’ex-député bourgmestre sérésien est seul à comparaître, puisque les autres inculpés ont déjà été jugés et (presque tous) condamnés, et qu’à l’époque du premier procès, le Parlement avait refusé la levée de son immunité.

Je ne suis jamais intervenu, je n'ai jamais rien touché

Les débats auraient dû commencer au début avril, mais ils ont été reportés, pour cause de confinement. Les préventions portent sur des faits de corruption, d’escroquerie, de faux en écriture, d’abus de bien social. La charge de "participation à organisation criminelle" a été abandonnée. Alain Mathot explique les contacts avec Philippe Leroy par des démarches pour qu’il sponsorise l’équipe locale de foot. L’analyse de téléphonie montre que les relations ont véritablement démarré après l’obtention du contrat Intradel. Les remises de fonds également, d’ailleurs, ce qui n’est pas des plus logique. En général, un corrupteur paie avant, pas après. L’examen dans le détail des dates, des lieux, des sommes montrent plusieurs incohérences dans le "récit" que le parquet du procureur du roi fait des événements. C’est du moins la thèse de la défense, qui s’étonne qu’au long des investigations, Philippe Leroy n’ait jamais été perquisitionné.

Alain Mathot a également été sommé de justifier ses rapports avec une firme locale dont il a présenté l’administrateur-délégué au patron d’Intradel qui avait été précédemment chef de cabinet de Guy Mathot. Entreprise qui, bien plus tard, est devenue sous-traitant d’Innova pour le chantier de l’incinérateur. Dans cette affaire, réquisitoires et plaidoiries sont à présent programmés pour les deux premiers jeudis de janvier.

Journal télévisé du 18/06/2020

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