Pollution à Bressoux: la vieille usine à zinc? Plutôt le remblai

usine de la Vieille Montagne (site d'Angleur)
2 images
usine de la Vieille Montagne (site d'Angleur) - © Tous droits réservés

D'où viennent les métaux lourds qui polluent les potagers à Bressoux? Ils ont plus que certainement une origine industrielle ancienne. Mais laquelle? A cinq cents mètres de là, à vol d'oiseau, une usine à zinc a infesté, pendant tout un siècle, le quartier de Saint-Léonard.

Mais la pollution à Bressoux peut avoir une autre origine: les terres de remblai dont sont constitués les potagers ou encore la mine de charbon qui se trouvait juste à côté. Nous avons demandé l'avis d'un historien de l'industrie.

Première hypothèse: l'usine de la Vieille Montagne.

L'usine de la vieille montagne, on y produisait du zinc à partir du minerai de la Calamine. C'est la première au monde. Elle s'installe dans le quartier Saint-Léonard au tout début du dix-neuvième siècle. Le quartier se construit autour d'elle. Il ne reste rien à saint-Léonard de la Vieille Montagne sauf son nom. Mais son histoire est intéressante: l'usine pollue tellement que les voisins se mobilisent et finissent par gagner

"En 1880, l'usine ferme pour des problèmes de pollution", raconte l'historien Arnaud Péters. "Toute l'existence de l'usine depuis 1809 est rythmée par un conflit avec les riverains. Parce qu'elle produit une importante pollution athmosphérique qui retombe sur le coteau et dans les jardins. Et cette pollution étouffe les végétaux, notamment les vignes qui sont la spécialité du quartier à cette époque."

Même les chiens crèvent, tués par les émanations stagnantes. La population s'adresse au conseil communal. "Les riverains se coalisent dans un 'comité du nord'. Les autorités publiques vont être obligées de se prononcer et ça devient plus problématique pour l'industrie." L'usine installe un dispositif anti-pollution, qu'elle abandonne ensuite.

Au bout du compte, en 1880, bloquée dans son développement, la Vieille Montagne ferme son usine de Saint-Léonard et la société en construit une autre en Campine (il existait aussi d'autres sites d'exploitation à Angleur, Tilff, Flône et Hollogne-aux-Pierres)).

L'autre possibilité: le remblai et la mine voisine

La vieille montagne rejetait de l'oxyde de zinc et du soufre. Cette industrie produit aussi des fumées chargées en plomb, cadmium et arsenic. Soit ce qui a été retrouvé dans les jardins de Bressoux. Mais la vieille montagne transformait un minerai sans plomb. Et pour le cadmium et l'arsenic, les connaissances scientifiques de l'époque ne permettaient pas de montrer qu'il y en avait.

Arnaud Péters pense que c'est plutôt du du côté de l'origine des terres de remblai qu'il faut chercher la source de pollution à Bressoux: "Les potagers de Bressoux sont sur un site qui accueille, dans son extrémité, une houllière. En 1865, les cartes prouvent que la houillière est encore en activité. Et le site, après la fermeture, a fait l'objet d'un important travail d'aménagement et de remblaiement."

"C'est une problématique qu'on rencontre un peu partout en Wallonie. Tous les remblais qui datent d'avant les années 1980 étaient riches en matériaux tels que les stériles de charbonnage, donc les terrils, ou les crassiers de fourneaux, qui étaient utilisés pour stabiliser les sols. Et ces matériaux étaient très présents dans le paysage liégeois. Quand on fait des analyses aujourd'hui sur des sites qui semblent anodins du point de vue de l'histoire industrielle, on rencontre des problématiques qu'on peut associer à ces remblais." 

Sujet de notre 13h du 9 janvier sur le potager collectif de Bressoux

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK