Polémique à Liège: fallait-il abattre les 11 peupliers du parc de la Boverie?

Liège: fallait-il abattre les 11 peupliers du parc de la Boverie?
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Liège: fallait-il abattre les 11 peupliers du parc de la Boverie? - © Tous droits réservés

A Liège, l'abattage par la ville, de 11 peupliers  dans le parc de la Boverie  soulève la polémique, notamment sur les réseaux sociaux. Fallait-il les abattre ? Dans une carte blanche parue dans le Vif, le préhistorien liégeois Marcel Otte lance un coup de gueule. Il parle de déforestation urbaine, de hantise sécuritaire, de carnage, d'obsession de démolir... Pour l'intellectuel, la décision de raser certains de ces arbres anciens relève d'une inversion de valeur: selon lui, la peur gagne contre la beauté. La Ville de Liège a réagi par communiqué. De son côté, elle rappelle les avis favorables à l'abattage de l'Agence wallonne du Patrimoine et du département Nature et Forêts de la Région wallonne. Et que la commune plante plus d'arbres qu'elle n'en abat.

Ni maladie ni castors mais un risque de chute de branches

Dans un long plaidoyer, la Ville rappelle les initiatives qu'elle a prises avant pour entretenir ces peupliers aujourd'hui en fin de vie.  Mais ces tailles d'accompagnement n'ont pas empêché de nouvelles ruptures de grosses branches, surtout en période de canicule. Alors vu les risques, la Ville a établi en été, un périmètre de sécurité autour des arbres. Un comble selon les autorités communales, pour un parc si fréquenté. D'où la décision de les abattre pour raison de sécurité. En cause donc: pas question ici de castors ou de maladie de champignons comme pourrait le laisser croire une photo de tronc creux du communiqué de presse.

L'avis de la Commission Royale des Monuments et Sites: contre l'abattage

Marcel Otte parle ici d'une politique du fait accompli. Il regrette que l'avis négatif de la Commission Royale des Monuments et Sites n'ait pas été pris en compte. Que dit cet avis? Il rappelle que ce n'est pas l'âge des peupliers mais leur type qui provoque la rupture des branches. Et que des chutes de branches ont dû exister depuis bien avant les mesures d'entretien. Pour la commission, une simple clôture aurait permis de sauver ce patrimoine naturel. Et concernant leur futur remplacement par 14 chênes, la Commission préconise plutôt des peupliers, présents en bord de Meuse depuis le 18e siècle comme en témoignent les gravures d'époque.

L'arbre, un sujet sensible 

Dans sa communication,  la ville a peut-être sous-estimé l'impact émotionnel de cette décision d'abattage. Et les raisons invoquées manquaient de précision. Au delà de la polémique patrimoniale, le débat enflammé que provoque l'abattage de ces arbres va plus loin. Il témoigne d'un véritable phénomène de société. 
Aujourd'hui, on parle de  sylvothérapie ou des bains de forêt. Le livre "la vie secrète des arbres" de  l'auteur allemand  Peter Wohlleben est devenu un best-seller. Avec des questions sur ce qu'ils ressentent, comment ils communiquent... Un peu comme si l'essence des arbres nous renvoyait aujourd'hui à notre propre Humanité et nous touchait directement. 
 

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