Plus rien ne s'oppose à la démolition de la maison Rigo

La maison Rigo
La maison Rigo - © Sonuma.be

Le Conseil d'Etat vient de rejeter la demande de suspension du permis de démolir la maison Rigo, dans le quartier des Guillemins, à Liège. C'est cet immeuble de style néo-renaissance mosane, qui subsiste au pied de la tour des finances, et qui depuis des mois, est au centre d'une polémique entre les défenseurs du patrimoine et les autorités communales.

Pour les uns, c'est du faux-vieux. Pour les autres, cet hôtel particulier a été construit, effectivement, au début du siècle dernier, mais il intègre des éléments d'architecture anciens et authentiques, et il est représentatif de la période où il a été érigé. Les arguments développés par deux associations ont été jugés soit irrecevables, soit non sérieux.

C'est pour dégager la perspective de la gare vers le fleuve, et l'esplanade vers la passerelle, que la maison Rigo est condamnée. Les opposants ont soulevé des questions de procédure: la décision a été prise en fonction d'un plan de remembrement urbain "douteux", puisqu'il a été adopté  par le gouvernement wallon voici cinq ans avec effet rétroactif. Mais pour les magistrats, ce n'est pas un motif d'illégalité.

Un choix de sauvegarde arbitraire et suagrenu

Sur le fond, la ville a prévu non pas de casser, mais de démonter les éléments les plus précieux. Mais pas tous. Des cheminées et lambris, des portes, des linteaux ne sont pas repris sur cet inventaire. Des macarons en pierre de sable, qui datent du XVIème siècle non plus. Les plaignants ont évoqué une erreur manifeste d'appréciation, voire un choix arbitraire des fonctionnaires. Mais ils n'ont pas été suivis sur ce point. Le conseil d'état note que l'arrêté ministériel qui, voici vingt mois, a placé la maison Rigo temporairement sur une liste de sauvegarde, ne les mentionne pas, non plus, comme pièces à protéger. Et qu'à l'époque, personne n'a introduit de recours sur ce point.

L'intercommunale Ecétia, propriétaire du bien, peut donc commencer les travaux. Il reste toujours une requête en annulation qui n'est pas encore tranchée. Mais le temps qu'une décision tombe, la maison Rigo aura été abattue.

 

 

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