Plus de pression sur les ouvriers de la construction. La faute aux délais ?

Des délais toujours plus serrés à tenir, c'est plus de pression pour les ouvriers de la construction
Des délais toujours plus serrés à tenir, c'est plus de pression pour les ouvriers de la construction - © www.facebook.com/nonaudumpingsocial Tous droits réservés

Les ouvriers du secteur de la construction subissent depuis quelques temps une pression croissante de leur employeur. Ce constat, ce sont des ouvriers et des syndicats qui le font, exemples à la clé. Avec pour conséquence de nombreux burn-out. Certaines raisons expliquant ce phénomène sont connues. Un ouvrier serésien notamment en a été victime.

Nous l'appellerons Antoine. Une cinquantaine d'années. Plus de 20 ans de travail dans le secteur de la construction. Il habite Seraing et travaille pour une société flamande. Il y a quatre ans, il a explosé, au point que certains collègues ont dû intervenir pour le ramener au calme. Depuis, il n'a pas pu reprendre le travail. En cause : la pression croissante subie par lui et ses collègues.

Cette pression, Jean-Yves Ruykens, secrétaire régional de la CSC secteur bâtiment, en reçoit chaque jour plusieurs témoignages. Et les causes sont connues : " Un des critères importants pour décrocher un marché, c’est les délais. Et donc on gagne des chantiers parce que le délai de réalisation est plus court. Et donc par le fait de raccourcir les délais ou de mettre une pression à ce niveau, on met automatiquement cette pression sur les ouvriers. La seconde raison, c’est un manque de reconnaissance. Pas plus tard que mardi, j’étais dans une entreprise. Un grutier, parce qu’il y a beaucoup de vent, dit que ce n’est pas possible et qu’il doit arrêter de travailler. On lui dit ok mais on envoie un travailleur d’un pays de l’Est ou du Sud de l’Europe travailler à sa place. Et donc automatiquement, on fait remarquer au travailleur qu’eux ne se plaignent pas et vont travailler parce qu’ils acceptent de travailler dans n’importe quelle condition ".

Prime en cas de maladie longue

Le secteur de la construction est celui qui connaît le plus haut taux d'accidents du travail, même si les chiffres sont en légère diminution. Les maladies de longue durée sont aussi en diminution en nombre de personnes mis pas nécessairement en indemnisation via les primes accordées aux malades, ce qui veut dire que les malades le restent souvent plus longtemps.

Depuis quatre ans, Antoine est donc en arrêt maladie. Un arrêt qui lui a fait découvrir qu'il existe une prime pour les ouvriers du secteur subissant une maladie de longue durée. Cette prime, personne ne lui en avait parlé. Elle est pourtant précieuse pour ceux qui voient leur salaire réduit de 60 pc au moment de ne plus percevoir qu'une allocation de la mutuelle.

C’est un complément aux indemnités qui sont octroyées par la mutuelle, complément qui varie en fonction de la durée de la maladie. Plus celle-ci dure longtemps, plus la prime est importante. On fait tout pour que les ouvriers soient au courant. Dans les brochures ou les courriers qu’on envoie aux affiliés, on le renseigne. Ce ne sont pas des sommes extraordinaires mais c’est un complément qui est payé par le Fonds de la Construction (Constructiv), qui est financé par des cotisations patronales ", précise Jean-Yves Ruykens.

Une prime dont l’octroi n’est pas automatique. Il faut en faire la demande via un formulaire.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK