Pénurie de métiers dans la construction: la province de Liège particulièrement touchée

La CSC organise sa journée "chantiers" le 16 octobre. L’occasion pour les militants syndicaux de visiter en province de Liège, une centaine de chantiers dans un secteur de la construction qui manque de main-d’œuvre. En province de Liège, on comptait 2668 employeurs dans le secteur du bâtiment en 2018. Souvent de très petites entreprises : elles sont 1996 à occuper entre une et 5 personnes. En tout, ce sont 16.855 ouvriers du bâtiment qui travaillent en province de Liège.

Maçons, couvreurs, carreleurs... 31 métiers en pénurie sur 39

La province de Liège est celle qui présente le plus de difficultés à recruter. Sur les 39 métiers de la construction, 31 sont en pénurie contre 10 en province de Namur et 11 en Brabant wallon d’après des chiffres de la Confédération de la Construction Wallonne et du Forem. Salvador Alonso Merino est secrétaire régional CSC Liège. "Il manque clairement des maçons et des couvreurs un peu partout et à Liège plus spécifiquement, des monteurs de cloisons, des isolateurs industriels et des conducteurs de chantiers." La région verviétoise est la plus touchée par la pénurie :"ce sont certainement des travailleurs qui vont au Luxembourg ou en Allemagne."

Des primes et indemnités pour les jeunes en formation

Le syndicat veut attirer l’attention sur un certain nombre de mesures financières destinées à attirer les travailleurs et surtout les jeunes, dans le secteur de la construction. "Les primes annuelles dans la formation en alternance sont revalorisées de 200 euros par an (ce qui revient à 400 euros la première année, 500 la deuxième et 700 la dernière). Ils ont aussi accès aux indemnités "mobilité": quand les jeunes se rendent sur chantier, ils ne sont pas payés en salaire horaire et ce n’est pas comptabilisé dans leurs heures mais ils sont indemnisés pour leur temps passé pendant le trajet. Par exemple, un Liégeois qui va sur un chantier hutois – soit 66 kilomètres — recevra 48 euros à la fin du mois."

Des incitants financiers insuffisants selon la CSC

Ces incitants financiers sont-ils suffisants pour attirer les jeunes dans le secteur du bâtiment ? Guy Winandy, permanent CSC, n’y croit pas. Pour cet ancien maçon, ce manque d’attrait est lié surtout à la non-évolution du salaire dans la construction par rapport aux autres métiers. "Moi, j’ai commencé dans le bâtiment il y a 40 ans. À l’époque, un manœuvre dans la construction était mieux payé qu’un ouvrier spécialisé. Maintenant, c’est le contraire." Pour la CSC, la profession souffre aussi d’idées préfabriquées. Il faut revaloriser les études techniques et qualifiantes qui sont trop souvent reléguées au second plan.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK