Alain Mathot n'est pas corrompu, le tribunal l'a acquitté, le parquet fait appel de la décision

Le tribunal correctionnel de Liège a prononcé son jugement, ce jeudi, sur le cas d'Alain Mathot dans le dossier dit Intradel-Uvelia.

Alain Mathot a bénéficié d'une suspension du prononcé pour une fraude fiscale, mais la corruption, le blanchiment, les faux en écriture et l'abus de biens sociaux sont écartés. Voilà 15 ans d'enquête qui se résument à 5.408,750 euros de TVA non payées sur la rénovation du domicile de l'ex-bourgmestre de Seraing. 

Le tribunal a complètement détricoté le dossier répressif. L'appel d'offres d'Intradel pour la construction de l'incinérateur à ordures n'a pas été affecté par des influences politiques. Des interventions d'Alain Mathot ne sont pas établies. Il est donc acquitté de ces préventions. 

Il n'est pas non plus coupable d'une quelconque corruption. Les juges ont minutieusement examiné les relevés de téléphonie mobile entre Alain Mathot et le patron du groupe français Innova, et les réservations d'hôtels où les deux hommes se seraient vus et de l'argent liquide aurait été remis à l'ancien bourgmestre séresien. Pour atteindre la somme de trois quarts de millions, il aurait fallu au moins quatorze rendez-vous. Or, seules deux rencontres sont absolument certaines dans deux établissements parisiens. Pas suffisant pour accréditer l'accusation de corruption. Pas de quoi asseoir un faisceau de présomptions. 

Lors des plaidoiries, l'avocat d'Alain Mathot, Jean-Philippe Mayence, avaient réclamé l'acquittement de son client. Il a donc obtenu gain de cause, à l'exception d'un chantier de rénovation de maison, en partie payé en noir, et sans rapport avec le reste de l'affaire.. Le procureur du roi, en accord avec le procureur général, a décidé dans l'après-midi d'interjeter appel. La longue et précise motivation de la décision n'a pas suffi à l'en dissuader. Le feuilleton n'est donc pas terminé.

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