Parricide à Dison: Renaud B. écope de 5 ans pour coups et blessures volontaires

Palais de Justice de Verviers
Palais de Justice de Verviers - © RTBF

La chambre criminelle du tribunal correctionnel de Verviers a condamné mercredi Renaud B., un Disonais de 40 ans, à une peine de 5 ans de prison ferme pour et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le prévenu devait répondre du décès de son père, Luc (60 ans), survenu le 30 avril 2015, le quadragénaire étant poursuivi initialement pour parricide.

La chambre criminelle a estimé, au regard des constatations et des déclarations du prévenu et de sa mère, témoin directe des faits, qu'un doute subsistait quant à l'intention du prévenu de tuer son père malgré l'utilisation d'une arme à feu, en l'espèce une kalachnikov.

La mère du prévenu, entendue lors de l'instruction d'audience, avait expliqué que le 30 avril 2015 son fils, sous influence de la boisson, était descendu en tenue d'apparat et armé de sa kalachnikov qu'il avait pointée sur elle. Cette attitude avait provoqué l'ire de la victime qui avait suivi son fils dans les escaliers et une bagarre avait éclaté. Durant celle-ci, un coup de feu était parti.

L'épouse de la victime avait confirmé cette version lors de la reconstitution et cette déclaration avait été confortée par le rapport du légiste qui avait estimé que cette déclaration correspondait aux éléments du dossier et aux constations effectuées sur le corps du sexagénaire.

La passion pour les armes et ses comportements, consistant à impressionner ses proches en paradant en arme, ont également emporté la conviction de la chambre criminelle que le prévenu ne voulait pas attenter à la vie de son père, le prévenant par ailleurs que l'arme n'était pas sécurisée.

La chambre criminelle n'a cependant pas suivi le prévenu quant à un tir accidentel, les juges relevant que l'arme était entretenue et que le prévenu, lors de la bagarre, avait continué à maintenir son doigt sur la gâchette tout en sachant que l'arme pouvait blesser grièvement son opposant si un tir partait. La chambre criminelle a dès lors estimé que la prévention devait être requalifiée en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

La chambre criminelle a aussi relevé le comportement du prévenu après le tir fatal, le quadragénaire préférant se réfugier dans sa chambre que de s'occuper de son père.

Elle a dès lors condamné le Disonais à une peine de 5 ans de prison ferme au regard de l'extrême gravité des faits, de la dangerosité du prévenu qui collectionne les armes, de son absence de prise de conscience, de l'anormalité de son comportement ou encore de son absence de remise en question. Elle stigmatise aussi son oisiveté et son assuétude à l'alcool et à la drogue mais retient les regrets formulés par le prévenu et l'empathie de ce dernier envers son père.

La chambre criminelle n'a pas fait droit au sursis probatoire plaidé par Me Uerlings vu le comportement et la personnalité du prévenu condamné également à 2 ans de prison ferme pour avoir durant de nombreux mois terrorisé son quartier. Il était poursuivi pour menaces, détention d'armes et propos xénophobes et racistes commis dans un commissariat de police après son arrestation survenue deux mois avant les faits du 30 avril 2015.

Le parquet avait requis une peine de 25 ans de prison pour parricide.

 

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