Parcourir le monde en chaise roulante, Blandine l'a fait !

Parcourir le monde en chaise roulante, Blandine l'a fait !
6 images
Parcourir le monde en chaise roulante, Blandine l'a fait ! - © Tous droits réservés

À 27 ans, Blandine est passionnée de voyage. Et, sa chaise roulante ne l’empêche pas de barouder ! En 2016, cette Liégeoise a fait un tour du monde. Un an d’aventure dans une dizaine de pays, sur trois continents.

Un voyage dont la base repose sur un stage dans le domaine de la traduction, de 6 mois, en Australie. Pour Blandine quitte à aller à l’autre bout du monde, autant en profiter pour faire quelques arrêts en cours de route.

 

Un moyen de locomotion plus léger

En Belgique, Blandine se déplace à l’aide d’une chaise roulante électrique de 180 kg. Mais, trop lourde et encombrante, la jeune handi-voyeuse a dû adapter son moyen de locomotion pour ce tour du monde. "Pour ce voyage, comme je ne peux pas me déplacer seule en fauteuil roulant manuel, j’ai investi dans une roue motorisée qui se fixe devant le fauteuil manuel qui pèse environ 10 kg. Donc ça, ça me permettait vraiment d’aller partout, assez rapidement, ça pouvait se démonter en deux minutes et, sans ce système-là, il y a énormément d’endroits où je n’aurais pas pu aller", explique Blandine. 

Une organisation millimétrée

Blandine a mis 6 mois pour organiser son périple. En chaise roulante ou pas, un voyage ça s’organise ! Il faut penser à l’itinéraire, aux transports, aux visas, aux vaccins, etc. Mais, dans son cas, elle ne pouvait pas trop se permettre d’improviser notamment au niveau du logement. Ils doivent être adaptés et pour être sûr de l’accessibilité, Blandine n’hésitait pas à demander les dimensions des ascenseurs ou encore des salles de bains.

Dans les bagages de Blandine, il y avait aussi quelques accessoires plus particuliers. "J’ai dû penser à prendre des chambres à air de rechange, un pneu de rechange, des clés pour revisser des pièces susceptibles de se dévisser. Il faut vraiment penser à tous les éventuels problèmes qui pourraient se présenter."

Singapour, pays surprise pour les PMR

Chine, Japon, Vietnam, Nouvelle-Zélande, Australie, Ile de Pâques, etc. Autant de pays visités par Blandine. Certains plus adaptés à sa chaise roulante que d’autres. Comme Sydney où elle a séjourné 6 mois. "Les transports en commun sont tous accessibles par exemple. Après, l’Australie c’est surtout un pays qui est connu pour ses plages et sa nature et c’est vrai que l’accès à la nature quand on est en fauteuil c’est un peu compliqué." En Europe, les villes que Blandine recommande pour les personnes à mobilité réduite sont Barcelone et Londres. "À Barcelone, tout est vraiment adapté, même la plage !". Mais, la destination qui l’a particulièrement surprise en matière d’accessibilité, c’est Singapour. "De manière générale, l’Asie n’est pas très très accessible mais Singapour, c’est l’exception. Et je pense que c’est le pays le plus accessible que je connaisse. J’ai vraiment pu aller partout. Là-bas, ils ne parlent pas d’accessibilité d’ailleurs. Ils parlent de design universel. Les endroits sont conçus dès le départ pour être accessibles à tout le monde. Il n’y a pas une entrée spéciale exprès, par derrière pour les PMR. C’est la même entrée qui est accessible à tout le monde et ça, je trouve ça encore mieux", raconte-t-elle.

Et puis ailleurs, si certains endroits sont moins accessibles, Blandine se débrouille toujours. "Quand je suis coincée quelque part, je n’hésite pas à demander un coup de main et parfois, je ne dois même pas demander, les gens viennent spontanément m’aider et ça c’est pareil dans pratiquement tous les pays du monde. Les gens sont sympas et prêts à donner un coup de main ", sourit Blandine.

En matière d’accessibilité, un autre pays lui vient en tête : le Cambodge. " C’est probablement le pays le moins adapté de tous ceux que j’ai visités. Ce n’est pas une surprise, c’est un pays assez pauvre donc forcément je ne m’attendais pas à avoir des rampes partout. Mais, j’ai été très surprise de voir et de pouvoir utiliser le tout premier tuk-tuk adapté au monde !"

Et puis Blandine est débrouillarde et n’est jamais à court de solutions. La preuve en Asie. Comme elle ne pouvait pas entrer à l’intérieur des temples avec son fauteuil, elle s’est offert un petit vol en ULM. Ainsi, elle pouvait les contempler d’en haut !

Tester un maximum de choses

Dans ce périple, l’objectif de Blandine était de tester un maximum de choses. "C’est vrai que d’un côté quand on est en fauteuil roulant, il y a beaucoup de choses qu’on ne peut plus faire. Mais, en même temps, il y a quand même énormément de choses que je peux faire. Donc moi, j’ai décidé de me focaliser sur ces choses-là plutôt ". Pendant ce tour du monde, Blandine a fait de la plongée et aussi du parapente en Nouvelle-Zélande. "Ce qui est génial en plongée ou en parapente, c’est que quand on est sous l’eau ou dans le ciel, on a plus besoin de fauteuil. On est plus à mobilité réduite. On est comme tout le monde en fait ! ".

Prochaine destination pour Blandine : Rome 

En attendant ce city trip, elle sera ce soir, à 18 heures, à la Bibliothèque des Chiroux, pour raconter son périple. 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK