"On veut stigmatiser les bons à rien que nous sommes," témoigne une malade de longue durée

Fabienne Lorant souffre d'une maladie incurable, qui ne lui permet plus d'occuper un poste de salariée.
Fabienne Lorant souffre d'une maladie incurable, qui ne lui permet plus d'occuper un poste de salariée. - © RTBF

Aider les malades de longue durée à revenir à l’emploi.  C’est un objectif, affiché par Maggie De Block, la ministre fédérale de la Santé (Open Vld). Mais récemment, les règles ont changé. Et ces malades de longue durée qui reprennent le chemin de l'emploi sont parfois pénalisés.

Je ne profite pas de la situation, je souffre

Depuis le premier avril, certains d'entre eux voient leurs indemnités de mutuelle rabotées. Fabienne Lorant, une ancienne journaliste liégeoise en sait quelque chose. Elle souffre d’une maladie génétique incurable. Du mal à marcher, des douleurs violentes et une grande fatigue sont son lot quotidien. "Je me demande s'il n'y a pas encore une fois une volonté de stigmatiser tous les bons à rien que nous sommes. Je ne profite pas de la situation, je souffre", s'indigne celle qui rappelle qu'elle n'a "pas choisi d'être malade".

Il y a quelques temps, Fabienne Lorant, a recommencé à travailler depuis chez elle. Quelques prestations, comme indépendante complémentaire, "pour se maintenir socialement et continuer à utiliser son énergie." Elle estime que cette activité complémentaire lui permet de gagner 400 euros au maximum, les bons mois.

Jusqu'à 300 euros en moins, chaque mois

Mais avec les nouvelles règles, elle pourrait perdre jusqu'à 300 euros de mutuelle par mois. " On ne sait jamais comment le carnet de commande va se remplir, c'est une grosse incertitude." Autre incertitude, son état de santé : impossible de prédire l'évolution de sa maladie et donc sa capacité à travailler. Fabienne Lorant l'avoue, elle a "peur" et envisage même de jeter l'éponge, d'arrêter de travailler.

Dorénavant, au bout de 6 mois d'activité, les indépendants complémentaires perdront 10% de leur indemnité de mutuelle. Une règle qui s'applique à tous de la même façon, quels que soient les montants gagnés. Ceux qui ont un carnet de commande trop clairsemé pourraient y perdre.

La députée fédérale Ecolo, Muriel Gerkens vient d'adresser une interpellation à la ministre Maggie de Block, au sujet de ces malades de longue durée, indépendants complémentaire.

Chez les salariés, une baisse de revenu pour les bas salaires

Chez les malades de longue durée qui reprennent leur emploi de salarié à temps partiel, là aussi, l'indemnité de la mutuelle diminue, pour éviter un cumul des deux revenus. Cela n'est pas neuf et en théorie, la reprise du travail doit toujours être avantageuse financièrement pour le malade de longue durée.

Mais les modalités ont changé. Avant, le calcul de cette perte d'indemnité se faisait sur la base du salaire. Aujourd'hui, c'est le nombre d'heures prestées qui comptent. Résultat : les petits salaires sont perdants. Selon la mutualité Solidaris, tous ceux qui gagnent moins de 3 500 euros bruts par mois, sont pénalisés.