Offensive des Ardennes: les habitants de Wereth honorent 11 soldats noirs américains, oubliés de tous

Des hommes du 333e bataillon d'artillerie. Au centre, le capitaine William G.McLeod.
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Des hommes du 333e bataillon d'artillerie. Au centre, le capitaine William G.McLeod. - ©

C’est l’un des crimes de guerre du mois de décembre 1944. Un massacre moins connu, de moins grande ampleur aussi, que celui de Baugnez à Malmedy. La cérémonie sera donc aussi plus confidentielle, mais ce mardi, les habitants de Wereth à Amblève (ou Amel en Allemand) tiennent à se souvenir de onze soldats américains, morts dans leur village.

Ils s’appelaient Nathanial, George, Curtis ou encore James. Des soldats américains âgés d’une petite vingtaine d’années à peine, morts sous les balles allemandes, le 17 décembre 1944, il y a 75 ans. Leurs noms, leur histoire et leur fin tragique sont longtemps restés scellés dans les mémoires des plus anciens.

Mais aujourd’hui, les habitants du village de Wereth, sur la commune d’Amblève (Amel en Allemand), veulent la raconter. Ils veulent se souvenir de ces 11 soldats afro-américains, du 333e bataillon d’artillerie, fusillés par les Allemands.

Accueillis par une famille de paysans, dénoncés par une voisine

En décembre 1944, face à l’avancée de la Waffen-SS, les soldats américains qui sont encore sur place tentent de battre en retraite. Ils décident de rejoindre Bastogne à pieds, par petits groupes. Les 11 jeunes hommes, noirs américains, font partie de ceux-là.

Mais ils se perdent dans les bois. Frigorifiés, assoiffés, affamés ils tentent de trouver un refuge, dans cette partie de la Belgique où le soldat américain n’a pas partout été traité en libérateur. Dans le village de Wereth, une famille de paysans accepte toutefois de les accueillir. Mathias et Maria Langer, leurs enfants Tina et Herman, leur ouvrent leur porte et leur offrent le couvert.

Des soldats noirs, oubliés de la seconde Guerre mondiale

Mais dans le petit hameau, qui compte une dizaine de maisons à peine, la nouvelle s’ébruite rapidement. Une voisine dénonce les visiteurs. Quelques dizaines de minutes après leur arrivée, une unité de la Waffen-SS se présente à la ferme Langer. Les Allemands torturent, rouent de coups, mutilent et humilient longuement les Américains, avant de les exécuter à la lisière d’une prairie.

Par peur des représailles, leurs corps seront laissés sur place pendant de longues semaines, sous la neige, avant d’être finalement récupérés au mois de février 1945. Sept d’entre eux sont aujourd’hui enterrés au cimetière américain d’Henri Chapelle et les quatre autres ont été rendus à leur famille après la guerre. Ce crime resté impuni fut longtemps oublié.

Au début des années 1990, c’est Herman Langer, le fils de la famille de paysans, qui commence à honorer la mémoire des soldats américains. Il dresse une croix en bois, très simple, sur le lieu du massacre. Au début des années 2000 quelques habitants du village décident de se mobiliser pour honorer leur mémoire. Puis, en 2004, soixante ans après les faits, les autorités belges érigent officiellement un monument à Wereth.

Journal télévisé de 13H

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